Revue hebdomadaire

La ville se glisse sous la route

RN3 coupée en août, Tzen 2 à Melun, vélo Provins-Coulommiers et ZAC de Coupvray : en Seine-et-Marne, les projets passent par les raccords.

À Claye-Souilly, la future route vers Roissy commencera par une image très simple : arrêter la RN3 pour glisser un passage dessous. Du 3 au 7 août, la nationale sera coupée le temps de pousser un ouvrage d’art sous la chaussée. La formule est presque trop parfaite : pour faire avancer une route nouvelle, il faut d’abord suspendre l’ancienne.

Le reste de l’actualité suit ce mouvement. En Seine-et-Marne, plusieurs projets ont quitté les cartes pour rejoindre les trottoirs, les carrefours, les bas-côtés et les habitudes des habitants. À Melun, le Tzen 2 n’est pas encore un bus régulier. Il est déjà une voie réduite boulevard Gambetta, des arrêts déplacés, des accès à maintenir, des commerçants à prévenir, une médiation à financer pendant quatre ans. Avant le service promis, il y a la ville en chantier.

Entre Provins et Coulommiers, le vélo avance avec la même franchise. Le grand itinéraire des Comtes de Champagne ajoutera 39 km à la carte, mais pas sous la forme d’un ruban parfait. Chaussée à voie centrale banalisée, sections partagées, entrée de ville, voie verte: la Brie cyclable se construit avec les routes existantes, leurs largeurs, leurs vitesses et leurs compromis. Un trait sur une carte ne suffit pas à rendre une départementale accueillante.

À Coupvray, la question change d’échelle: comment coudre une ville neuve autour d’une route qui coupe? De part et d’autre de la RD934, les ZAC de Coupvray et des Trois Ormes doivent éviter l’effet de programmes immobiliers simplement posés côte à côte. Rues, pistes, arbres, réseaux, équipements publics, traversées: c’est dans ces raccords que l’on saura si le quartier se vit naturellement ou s’il faudra sans cesse le contourner.

Même la forêt a donné son contrepoint. À Ferrières, 83,77 hectares des Buronnières changent de règle : moins de passage, moins d’exploitation, plus de vieillissement libre. Dans une édition pleine de routes à faire passer, cette petite zone dit autre chose : parfois, bien aménager consiste à accepter qu’un lieu ne serve pas tout le temps à circuler.

Routes, bus, vélo, ZAC, forêt : la Seine-et-Marne s’est lue au ras du sol. Sous une nationale, le long d’un boulevard, sur une rive cyclable, au bord d’une lisière. Ici, l’avenir doit encore trouver son passage piéton.