Article

À Bussy-Saint-Georges, le vélo passe l’épreuve des raccords

EpaMarne remet en lumière les raccords cyclables de Bussy-Saint-Georges, entre gare RER, A4, zones d’activité et Réseau Vélo Île-de-France.

Piste cyclable à Bussy

À Bussy-Saint-Georges, EpaMarne a profité de Mai à vélo, le 27 mai, pour parler des mobilités douces avec les habitants. Le rendez-vous pouvait ressembler à une animation de saison. Il renvoie surtout à une question plus solide pour cette partie de Marne-la-Vallée : comment transforme-t-on des pistes séparées en itinéraires réellement utilisables ?

Tout dépend des raccords. Bussy est traversée d’ouest en est par la ligne V9 du Réseau Vélo Île-de-France, conçue pour relier l’ouest francilien à Chessy Val d’Europe. Dans la ville, l’utilité se mesure plus simplement : pouvoir passer de Torcy à Bussy, puis vers Val d’Europe, sans voir la piste s’interrompre au moment précis où elle devient nécessaire.

Plusieurs aménagements sont déjà livrés ou engagés. La Ville annonce 10 km de nouvelles pistes en 2025, entre l’avenue de l’Europe et la zone d’activité Léonard-de-Vinci, avec une future Maison des Mobilités au pôle gare, financée par Marne-et-Gondoire. Dans son magazine municipal, Bussy décrit une continuité cyclable de 4,5 km entre Torcy et Bussy-Saint-Georges, par le Petit Bois, et un projet global de 15 km entre les gares de Torcy et de Val d’Europe. Sur le boulevard de Lagny, un itinéraire d’environ 1,2 km doit combler une rupture entre le rond-point Jean-Moulin et l’avenue du Golf, pour un coût annoncé de 480 000 euros, dont 200 000 euros de financement régional.

Ces montants rappellent une évidence souvent oubliée : une piste cyclable n’est pas seulement une bande peinte. Dans une délibération de 2023, la Région a voté 3,27 millions d’euros de subvention pour un tronçon EpaMarne de 5,5 km entre Bussy-Saint-Martin et Montévrain, sur une opération estimée à 5,875 millions d’euros avec une participation de l’État de 1,3 million d’euros. Le dossier relève du cahier des charges du RER-V, ancien nom du Réseau Vélo Île-de-France.

Le cas de Bussy raconte bien la mécanique de la ville nouvelle. Les quartiers, les zones d’activité, les grandes voiries et l’autoroute A4 ont créé des morceaux de ville qui se touchent sans toujours bien se rejoindre. EpaMarne, Marne-et-Gondoire, la Région, l’État, le Département, la commune et même Sanef interviennent chacun sur une portion du réseau. La passerelle piétons-cycles entre Bussy et Ferrières, ouverte aux usagers en février 2025 avec un revêtement encore temporaire et sans éclairage définitif, a représenté 3 millions d’euros d’investissement pour Marne-et-Gondoire. Elle montre à elle seule ce que coûte un franchissement quand une autoroute coupe les trajets du quotidien.

La Clé Publique l’avait déjà montré à l’échelle de Marne-la-Vallée dans un article sur les maillons manquants des mobilités actives. Bussy en donne une version de terrain. Le vélo y dépend moins d’un grand geste que d’une addition précise : un carrefour sécurisé, une passerelle, une piste continue, un jalonnement lisible, des parkings vélos près du RER. Le magazine municipal signale d’ailleurs trois parkings sécurisés de 80 places chacun autour de la gare, avec accès par pass Navigo.

La dépense se justifie si elle rend enfin les trajets continus, notamment vers la gare et les zones d’activité. À Bussy, le test sera ordinaire et sévère : rejoindre le pôle gare, le Petit Bois, le boulevard de Lagny, l’avenue de l’Europe ou la zone Léonard-de-Vinci sans devoir improviser au milieu des voitures.

Sources consultées
  1. EpaMarne-EpaFranceEpaMarne et la ville de Bussy-Saint-Georges, engagés en faveur des mobilités douces
  2. Ville de Bussy-Saint-GeorgesRéseau Vélo Île-de-France
  3. Ville de Bussy-Saint-GeorgesBussy Mag n°236, octobre-novembre 2025
  4. Région Île-de-FranceDélibération n° CP 2023-066
  5. Ville de Bussy-Saint-GeorgesOuverture de la passerelle entre Bussy et Ferrières