Revue hebdomadaire

Le passage jusqu’à la mer

Paddle adapté à Cannes, testing à Nice et Antibes, 16 TER vers Menton et recul du rivage à Villeneuve-Loubet : ce qui change l’accès au littoral.

À Bijou Plage, la promenade ne s’arrête plus au bord de l’eau. Un fauteuil roulant se fixe sur quatre ancrages, la planche élargie prend le large et un accompagnateur s’installe derrière. Le paddle adapté acquis par le CCAS de Cannes ne promet pas seulement une vue sur la mer : il permet d’y entrer. Les séances estivales sont gratuites, sur inscription auprès du CCAS.

La semaine azuréenne se raconte ainsi depuis ses seuils. À Nice et Antibes, certains sont autrement difficiles à franchir. Un testing de SOS Racisme rapporte des refus, des tarifs variables et des clients reçus avec soupçon. Dans un club niçois, un groupe se serait vu proposer une table à 200 euros quand un autre entrait pour 15 euros. La justice n’a pas établi de discrimination dans ces cas ; le récit montre néanmoins combien une soirée peut dépendre de la personne postée à l’entrée.

Plus à l’est, c’est l’horaire qui fait frontière. Seuls 16 TER quotidiens desservent successivement Roquebrune-Cap-Martin et Carnolès. Entre deux trains, l’attente peut durer deux heures, y compris à 500 mètres de l’hôpital La Palmosa.

Et puis il y a la limite que personne ne garde. Aux Maurettes et à Vaugrenier, le rivage aurait reculé d’environ 30 mètres en quarante ans. La mer gagne vers les terrasses, les parkings et, par endroits, la RD 6098.

Une côte se dessine sur une carte ; son accessibilité, elle, se découvre au ras du sol. Cette semaine, elle avait la largeur d’une planche stable, le prix annoncé à une porte, l’intervalle entre deux TER et trente mètres de plage disparue.