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À Nice et Antibes, un testing relève refus, surcoûts et soupçons

SOS Racisme rapporte des refus, un tarif porté à 200 euros et une remarque stigmatisante lors d’un testing dans des plages privées et clubs azuréens.

Entrée d’une plage privée azuréenne

À l’entrée d’une plage privée ou d’un club, la sélection peut tenir en une phrase. Lors d’un testing mené cet été, SOS Racisme dit avoir rencontré trois mécanismes dans les Alpes-Maritimes : refuser, renchérir ou accueillir d’emblée certains clients avec soupçon.

Dans un établissement de plage d’Antibes, les groupes perçus comme noirs ou arabes auraient été refusés, tandis que le groupe perçu comme blanc aurait obtenu l’accès. À Nice, un club aurait annoncé 200 euros et l’obligation de prendre une table au groupe noir. Le groupe blanc se serait vu proposer une entrée à 15 euros avec une consommation. Aucun prix n’aurait été communiqué au troisième groupe.

Dans un autre établissement niçois, tous les testeurs sont finalement entrés. Mais le groupe perçu comme arabe aurait été accueilli par la remarque : « Pas de bagarre ce soir. » L’association n’a pas compté cet épisode parmi les discriminations relevées, puisque la porte est restée ouverte. La phrase montre néanmoins une autre forme de traitement différencié : être accepté, mais accueilli d’emblée avec soupçon.

Le principe du testing est simple. Des groupes comparables par leur âge, leur tenue et leur demande se présentent successivement dans le même lieu. Leur origine supposée constitue la principale différence visible. Onze plages privées ont ainsi été testées à Nice et Antibes, sur 23 dans plusieurs villes méditerranéennes. La campagne a aussi porté sur 17 établissements de nuit. Les proportions publiées par SOS Racisme concernent l’ensemble de cette opération, pas les seuls Alpes-Maritimes.

Certaines plages testées deux jours de suite n’auraient pas réagi de la même manière d’un jour à l’autre. Ce changement ne rend pas le constat anodin. Il suggère que la sélection ne prend pas nécessairement la forme d’une consigne affichée. Elle peut dépendre d’une personne à l’accueil, de l’heure, de l’affluence ou d’un motif invoqué sur le moment. Une réservation introuvable, un établissement annoncé complet ou un tarif soudainement prohibitif suffisent alors à refermer la porte.

Sur la Côte d’Azur, cette porte n’est pas un détail. Les plages privées bordent la Promenade des Anglais et le littoral antibois. Elles vendent un transat, une table ou une soirée, mais décident aussi, à l’entrée, qui peut en profiter et à quelles conditions.

Ces scènes sont, à ce stade, les constats de SOS Racisme, et non des discriminations établies par un tribunal. Selon Nice-Matin, les échanges ont été filmés et suivis par deux observateurs. L’association a annoncé son intention de déposer au moins huit plaintes pour l’ensemble de la campagne. Deux précédentes plaintes visant des plages antiboises testées en 2022 avaient été classées en 2024, l’infraction ayant été jugée insuffisamment caractérisée.

À Nice comme à Antibes, trois groupes ont formulé la même demande au même endroit. L’égalité commence par la réponse donnée : une place, un prix, un bonsoir.

Sources consultées
  1. SOS RacismeUn testing de SOS Racisme révèle la persistance des discriminations dans les plages privées et les établissements de nuit
  2. Nice-Matin« Refusés, désavantagés, surfacturés ou humiliés » : SOS Racisme révèle les résultats de son testing sur les plages privées et clubs de la Côte d’Azur
  3. Le Parisien« C’est complet » : plages privées, clubs… Ces établissements de tourisme qui refusent les Noirs et les Arabes