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À Villeneuve-Loubet, la mer déplace la frontière entre plage, commerces et route

La nouvelle limite maritime atteint plusieurs établissements. Villeneuve-Loubet doit décider ce qui peut rester ou doit quitter cette étroite bande côtière.

Illustration du littoral de Villeneuve-Loubet

Plusieurs établissements installés sur les plages des Maurettes et de Vaugrenier, à Villeneuve-Loubet, ont reçu des mises en demeure après la modification de la limite du domaine public maritime. La préfecture indique que les délais leur permettent de terminer la saison 2026. Les courriers individuels n’étant pas publics, les installations concernées et les échéances exactes ne peuvent pas être établies établissement par établissement.

La nouvelle ligne a été arrêtée par le préfet le 26 mars 2026, au terme d’une procédure engagée l’été précédent. Elle concerne deux portions du littoral situées au sud de Marina Baie des Anges, jusqu’à la limite d’Antibes. Le dossier officiel inclut des parcelles privées, plusieurs parcelles du parking des Maurettes et la route du Bord-de-mer. La RD 6098 est elle-même construite par endroits sur le domaine public maritime, avec une superposition entre domaine routier et domaine maritime.

Cette frontière ne fonctionne pas comme une zone dessinée librement sur un plan d’urbanisme. Le droit place dans le domaine public maritime tout ce que les plus hautes mers peuvent couvrir, hors événements météorologiques exceptionnels. L’État constate cette limite à partir de relevés du rivage. Quand celui-ci recule durablement, des terrains auparavant exploités comme des propriétés ordinaires peuvent donc rejoindre le domaine public.

Aux Maurettes et à Vaugrenier, la préfecture chiffre le recul à environ 30 mètres en quarante ans. Une première concession accordée à la commune en 1982 couvrait 36 300 m² et seize lots balnéaires. La commune a renoncé fin 2023 à poursuivre la concession sur cette partie du littoral, où l’érosion et les coups de mer compliquaient déjà la protection des installations et de la route.

L’arrêté fixe une frontière, pas l’avenir de cette bande côtière. Les mêmes mètres carrés accueillent des restaurants, des accès à la plage, un parking et une route départementale. Le retrait des installations concernées ne fera pas disparaître la pression de la mer sur le stationnement et les déplacements.

La mairie conteste le tracé et défend des solutions de protection du rivage. L’État répond que la délimitation est imposée par l’évolution physique de la côte. Ce désaccord ne change pas la ligne constatée. Il laisse ouvertes les décisions à prendre sur ce qui peut rester, ce qui doit être démonté ou déplacé, et sur le maintien des usages publics lorsque la plage se rétrécit.

À Villeneuve-Loubet, l’érosion n’est donc plus seulement une courbe observée sur plusieurs décennies. Depuis l’arrêté du 26 mars, elle passe au contact des terrasses, sur des parcelles du parking et, par endroits, sous la RD 6098.

Sources consultées
  1. Préfecture des Alpes-MaritimesVilleneuve-Loubet - Secteurs des Maurettes et de Vaugrenier
  2. Direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-MaritimesRapport de constatation des limites du domaine public maritime, Villeneuve-Loubet
  3. Préfecture des Alpes-Maritimes, communiqué reproduit par Presse AgenceNICE : Laurent Hottiaux, les propos du maire de Villeneuve-Loubet sont inadmissibles
  4. LégifranceArticle L. 2111-4 du Code général de la propriété des personnes publiques