Revue hebdomadaire

Quand les projecteurs s’éteignent

À Saint-Denis et La Courneuve, 200 enfants nagent au Centre aquatique, 500 drones dessinent le 93 et les riverains contestent les barrières du Stade de France.

L’après-midi, les longueurs. Dans le bassin extérieur temporaire du Centre aquatique olympique, 200 enfants de Seine-Saint-Denis apprennent à nager sur les mêmes 50 mètres que les athlètes des Championnats d’Europe. La compétition occupe une partie du site du 31 juillet au 16 août ; le Département a distribué 1 672 places. Deux ans après les Jeux, l’héritage se voit sans discours : des enfants dans l’eau et des habitants dans les tribunes.

À 22 h 30, les regards montent. Après le concert de Franglish, 500 drones dessinent au-dessus de Georges-Valbon des visages, des lieux et des symboles du 93. La Courneuve n’est plus seulement le décor de la soirée. Le territoire devient l’image projetée dans son propre ciel.

Le matin suivant, retour au niveau du trottoir. Autour du Stade de France, des barrières encombrent encore les chemins vers les gares, six jours après le concert de BTS. Elles ont guidé la foule le soir ; elles coupent maintenant le trajet des riverains. Après 21 dates entre mai et juillet, le quartier connaît aussi l’envers du spectacle.

Un grand événement laisse toujours quelque chose derrière lui. Cette fois, ce sont des nageurs débutants, des images du 93 encore dans les yeux — et du mobilier de sécurité qu’il faudrait enfin enlever.