La promenade commence face aux îles de Lérins. À Port Gallice, les haies ont disparu ; un belvédère et une terrasse ont rapproché les passants de l’eau. Sous leurs pieds, de nouveaux réseaux traitent les eaux polluées et une jetée rehaussée protège le bassin. Les 18 millions d’euros du chantier n’ont presque pas ajouté de bateaux. Ils ont surtout rendu le port à la vue et à la marche.
Quelques kilomètres plus loin, Antibes négocie son bord de mer mètre carré par mètre carré. Les établissements privés conservent leur place, mais leurs concessions doivent financer des aménagements publics et libérer, selon la Ville, 10 000 m² de littoral. Une plage ouverte à tous se fabrique aussi avec des clauses et des échéanciers.
En remontant la Roya, le paysage financier devient plus escarpé. Breil doit réaliser plus de 10 millions d’euros de travaux avant le 14 juillet 2027. Les aides sont accordées, mais la commune cherche de quoi payer les entreprises avant leur versement. La reconstruction bute sur cet intervalle très concret entre une promesse et une facture.
Plus haut encore, dans le Mercantour, l’accès se règle sur le pas du marcheur. Pour les randonnées adaptées, on choisit l’itinéraire selon le groupe, on prête des bâtons et l’on ralentit dès que quelqu’un fatigue. Ici, l’aménagement décisif tient parfois à huit personnes qui acceptent de ne pas arriver les premières.
La traversée s’arrête devant une barrière. Samedi, le risque d’incendie a fermé l’Estérel et le Tanneron jusque sur les sentiers. Sur la Côte d’Azur, rendre un lieu accessible peut signifier dégager la vue, trouver une avance de trésorerie, ajuster une allure — ou renoncer à entrer pour que le paysage demeure.





