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À Breil-sur-Roya, la mairie cherche un relais pour ses chantiers

La commune affirme devoir réaliser plus de 10 millions d’euros de travaux avant juillet 2027, mais cherche un relais bancaire pour avancer les factures.

Travaux de reconstruction à Breil-sur-Roya

À Breil-sur-Roya, la mairie affirme disposer des aides nécessaires, mais pas encore de l’argent permettant de payer les chantiers au même rythme. Le 16 juillet, le maire Sébastien Olharan a demandé à une banque publique ou privée une ligne de trésorerie ou des prêts relais. Selon la commune, plus de 10 millions d’euros de travaux doivent être réalisés avant le 14 juillet 2027 pour conserver le bénéfice de certaines aides de l’État.

La liste détaillée des opérations formant cette somme n’a pas été publiée avec l’appel. Une décision de subvention garantit une recette future, pas la présence immédiate de cette recette sur le compte de la mairie.

Après une catastrophe, la dotation de solidarité de l’État peut financer la reconstruction de routes, de ponts ou de bâtiments publics non assurables. Une avance peut être versée au démarrage, généralement dans la limite de 20 %, parfois de 30 %. Le solde suit l’avancement des travaux et la production des justificatifs. Entre les deux, la commune doit régler les entreprises.

Breil en a déjà fait l’expérience. Après la tempête Alex, l’État a retenu 19 opérations représentant 10,48 millions d’euros hors taxes, avec une aide plafonnée à 9,43 millions. Une avance de 2,83 millions a été versée en 2021. Fin octobre 2024, huit opérations avaient été achevées pour 4,5 millions d’euros, tandis que les paiements reçus de l’État atteignaient 3,2 millions. La chambre régionale des comptes a relevé trois mois d’attente pour un versement de l’État et plus de six mois pour certaines aides régionales.

Les délibérations municipales de février 2026 montrent que la reconstruction reste active, avec des dossiers concernant la Poste, l’ancienne perception, l’école élémentaire et le bâtiment des services techniques. Elles ne permettent pas de savoir lesquels entrent dans les 10 millions d’euros annoncés en juillet.

Le dernier diagnostic financier indépendant disponible montre pourquoi cette accumulation compte. Fin 2023, le fonds de roulement était négatif et la commune affichait une trésorerie nette déficitaire de 161 658 euros. En octobre 2024, la mairie avait tiré 500 000 euros sur une ligne de trésorerie. Ces chiffres ne décrivent pas la caisse de juillet 2026, mais ils montrent une commune entrée dans la phase la plus coûteuse de la reconstruction avec peu de réserve financière.

Un prêt relais ne servirait donc pas à lancer un projet dépourvu de financement. Il couvrirait le temps séparant le paiement d’une facture du versement d’une aide déjà décidée. Sans ce relais, Breil doit étaler ses opérations, négocier les délais avec les entreprises ou risquer de dépasser les échéances attachées aux subventions. Demander un crédit sans frais revient toutefois à chercher un acteur prêt à supporter le coût de cette attente.

Le dispositif public peut prendre en charge une très grande part des dégâts sans fournir toute la liquidité nécessaire pour les réparer. Pour une petite commune frappée par une catastrophe, ce décalage peut suffire à ralentir la reconstruction. À Breil, le rythme des prochains travaux dépend désormais autant du paiement des factures que des arrêtés de subvention.

Sources consultées
  1. Ville de Breil-sur-Roya / Sébastien OlharanAppel à la solidarité d’une banque publique ou privée pour reconstruire après la tempête Alex
  2. Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’AzurCommune de Breil-sur-Roya, rapport d’observations définitives
  3. Ville de Breil-sur-RoyaListe des délibérations examinées en séance du conseil municipal du 27 février 2026
  4. Direction générale des collectivités localesAide aux collectivités territoriales victimes de catastrophes naturelles