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À Juan-les-Pins, 18 millions d’euros pour refaire le Port Gallice jusque sous les quais

Réseaux, jetée, parking et belvédère : la rénovation transforme un port des années 1960 en infrastructure mieux protégée, moins minérale et plus ouverte.

Illustration - Port Gallice végétalisé face à la mer

La Ville d’Antibes a confirmé le 17 juillet l’achèvement de la transformation du Port Gallice. La fin du chantier avait déjà été présentée par son gestionnaire le 28 mai. Le port construit en 1968 conserve environ 440 postes d’amarrage, mais presque tout le reste a été repris. La Ville et la CCI chiffrent désormais le programme à 18 millions d’euros, contre 15 millions dans le dossier présenté en 2019. Aucun décompte public ne précise l’origine de cet écart.

Les travaux décisifs sont sous le bitume ou face à la mer. Les réseaux enterrés ont été modernisés pour mieux gérer les eaux et récupérer les hydrocarbures. La jetée a été rehaussée contre la submersion marine. Sa pente, désormais tournée vers l’intérieur, conduit les eaux de ruissellement vers un dispositif enterré de dépollution plutôt que directement vers le bassin. Le port doit ainsi mieux contenir les rejets liés à son activité et mieux résister aux épisodes de submersion.

L’adaptation passe aussi par la réduction des surfaces minérales. Le projet a désimperméabilisé 1 833 m² de parking, végétalisé 1 150 m² de toiture et planté plus de 8 200 végétaux. Une partie des pluies rejoint désormais des noues aménagées entre les places de stationnement, au lieu de ruisseler vers la Méditerranée. Les essences et les revêtements ont été testés sur place pendant deux ans, avec un arrosage d’appoint prévu pour la reprise des plantations.

Pour les promeneurs et les riverains, le changement se voit surtout depuis le boulevard. Les clôtures et les haies qui bouchaient la vue ont été supprimées. Une partie du toit-terrasse, inaccessible depuis la construction du port, forme maintenant un jardin-belvédère sur les îles de Lérins et l’Estérel. Un cheminement suit le bassin et prolonge la promenade littorale. Les bâtiments blancs de Guillaume Gillet ont été restaurés plutôt que remplacés : le chantier a conservé l’architecture de 1968 tout en atténuant la présence du parking.

Port Gallice reste un équipement communal, mais la commune en a confié l’exploitation, l’entretien et les investissements à la SAS Gallice 21, qui réunit la CCI Nice Côte d’Azur, la Caisse des Dépôts et la Caisse d’Épargne Côte d’Azur. La Ville indique que les 18 millions d’euros ont été financés par la CCI. La durée de cette délégation, fixée à quinze ans à l’origine, a été successivement portée à seize puis dix-sept ans.

L’opération relève moins d’une extension que d’un rattrapage technique et climatique. Le chantier n’augmente pas la capacité du port ; il lui fait assumer davantage de fonctions : accueillir les plaisanciers, protéger son bassin, traiter ses eaux, limiter la surchauffe et laisser passer les promeneurs. La prochaine forte pluie mettra à l’épreuve ce qui ne se voit pas depuis le belvédère : la jetée, les noues et les réseaux enterrés.

Sources consultées
  1. Ville d’Antibes Juan-les-PinsPort Gallice, une renaissance « Bleu, blanc, vert »
  2. CCI Nice Côte d’AzurPort Gallice à Antibes : une transformation d’envergure achevée
  3. CeremaVégétaliser un site portuaire. Port Gallice
  4. CCI Nice Côte d’AzurPrésentation du Port Gallice : le futur port bleu, blanc, vert
  5. Ville d’Antibes Juan-les-PinsDélibération CM2024/235, augmentation de la durée de la délégation du Port Gallice