Revue hebdomadaire

La Clé de la semaine 18 - Eure

Dans l’Eure, la semaine a montré un territoire occupé à reprendre ses lieux, ses services et ses métiers un cran plus concrètement.

Deux terrains à Gisors, une ancienne usine à Saint-Pierre-du-Vauvray, un Ehpad à Vernon, des entreprises qui commencent par regarder leur facture d’énergie: dans l’Eure, la semaine n’a pas vraiment parlé d’expansion. Elle a parlé de reprise en main.

Le foncier en donne le signal le plus net. Les friches ne sont plus seulement des angles morts urbains que l’on contourne. Elles deviennent des réserves rares, déjà consommées, souvent compliquées, mais précieuses à l’heure où construire plus loin coûte aussi du sol. À Gisors, la discussion descend à l’échelle de deux parcelles: une lisière boisée, des eaux pluviales, une protection paysagère, un accès, un voisinage. C’est peu sur une carte. C’est beaucoup dans une ville.

Le même déplacement se retrouve dans les services. À Vernon, rénover Auguste Ridou revient à adapter un équipement existant au vieillissement réel du département: chambres plus simples à vivre, accueil de jour, répit, sorties d’hospitalisation. En Seine-Eure, la prévention passe par un panier de légumes pour des femmes enceintes; la décarbonation, par des machines, des bâtiments, des achats, des relevés que l’on suit enfin. Les grands mots deviennent utiles quand ils tiennent dans un cabas ou dans un compteur.

Même l’emploi oblige à cette précision. Les intentions d’embauche baissent, mais les postes essentiels restent difficiles à pourvoir. Le problème n’est donc pas seulement de publier davantage d’offres. Il est de rendre les métiers compréhensibles, accessibles, tenables.

Cette semaine, l’Eure n’a pas donné l’image d’un territoire qui part dans tous les sens. Elle a plutôt montré un territoire qui apprend à tirer davantage de ses lieux, de ses équipements et de ses circuits existants. Ce travail avance sans grand décor. Il peut pourtant finir par changer très concrètement la vie locale.