Dans les Alpes-Maritimes, la semaine a moins parlé de grands basculements que d’un territoire qui apprend à vivre et à décider avec peu de marge. Il suffit qu’un axe décroche dans la Roya, le Paillon ou l’ouest niçois pour que tout le système montre ses points faibles. Il suffit aussi qu’un projet de tramway, d’aménagement ou de protection des rivières quitte les belles intentions pour entrer dans le foncier, les accès, les indemnisations, les digues, les seuils et les calendriers. La Côte d’Azur continue d’avancer, mais elle avance sur un relief réel, pas sur une maquette.
Ce qui frappe surtout, c’est que l’adaptation devient moins théorique. L’eau n’est pas seulement un sujet d’arrêté d’été: elle passe dans la surveillance continue, dans les arbitrages techniques, dans les usages ordinaires, et même dans l’économie productive. Le 9 avril, un nouveau site transfrontalier, Goutte à Goutte, a été lancé pour aider les entreprises à mieux gérer leur consommation d’eau, avec une cinquantaine d’entreprises déjà engagées dans le dispositif.
En face, l’économie locale garde son énergie nerveuse: beaucoup d’initiatives, beaucoup d’activité, mais souvent légère en effectifs, exposée aux coûts, aux délais et aux recrutements difficiles. Même les promesses de fluidité gardent un arrière-goût de fragilité: la liaison estivale Riviera Express entre Marseille et Rome, qui devait desservir Cannes, Nice, Monaco et Menton, ne circulera pas en 2026 à cause de difficultés techniques à Vintimille. Et le nouveau conseil métropolitain installé le 9 avril a distribué des délégations qui disent bien l’époque: eau, risques majeurs, mobilités, urbanisme, foncier, Paillon, plaine du Var, Carros, reconstruction des vallées. Le décor est clair: ici, gouverner consiste de plus en plus à tenir ensemble attractivité, sécurité et capacité de tenir le terrain.