Sur une boîte de compléments alimentaires, la plante a souvent l’air simple. Un nom latin, une feuille dessinée, une promesse de sommeil, d’énergie ou de digestion plus légère. Dans le flacon, pourtant, il n’y a pas une image de nature. Il y a une matière première à identifier, à doser, à vérifier.
C’est le métier de BotaniCert, laboratoire implanté à Grasse et signalé par Le Journal des Entreprises pour son rôle dans les coulisses des compléments alimentaires. Créée en 2011, l’entreprise analyse des produits à base de plantes pour les industriels: est-ce la bonne espèce, y a-t-il une falsification, les substances attendues sont-elles présentes dans les bonnes proportions?
La question dépasse largement le confort d’un service qualité. Un complément alimentaire n’est pas un médicament, même s’il en emprunte parfois les codes: gélules, cures, promesses de bien-être. Il reste une denrée alimentaire, avec des règles propres. Et les contrôles publics montrent que le secteur a encore besoin de rigueur: la DGCCRF a relevé des anomalies dans environ un tiers des établissements contrôlés lors d’une enquête récente, notamment sur l’étiquetage, les allégations ou les dosages.
Le cas BotaniCert mérite donc un regard depuis les Alpes-Maritimes. Grasse n’y apparaît pas seulement comme la ville du parfum, des fleurs et des arômes. Elle apparaît aussi comme un lieu où la plante est contrôlée, comparée, mesurée. Après l’acquisition de Fromatech par Mane, qui racontait une autre extension de l’écosystème grassois vers les arômes salés, BotaniCert montre une facette plus discrète: celle des laboratoires qui transforment la confiance en résultats.
Le marché explique cette exigence. Les compléments alimentaires pèsent désormais plus de 3 milliards d’euros en France selon le Synadiet. Quand un secteur atteint cette taille, le “naturel” ne suffit plus comme argument. Il faut savoir d’où vient la plante, ce qu’elle contient vraiment, ce que l’on peut promettre sans tricher, et ce que l’on doit retirer avant que le flacon n’arrive en pharmacie, en magasin ou sur une plateforme en ligne.
Entre la feuille dessinée sur l’étiquette et la plante réelle, il y a donc tout un travail. À Grasse, il ne sent pas forcément la rose. Il passe aussi par des échantillons, des dosages et des résultats de laboratoire. Moins poétique, peut-être. Mais beaucoup plus utile quand il s’agit d’avaler ce qu’il y a dans le flacon.