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Attentat de Trappes : l’avocat de cinq parties civiles conteste le choix de Lecornu pour l’hommage national

Un avocat de cinq parties civiles conteste le choix de Sébastien Lecornu pour l’hommage national. À Trappes et La Verrière, des rassemblements sont prévus le 30 octobre.

Illustration - Hommage aux victimes à Trappes

Le gouvernement a annoncé mercredi 28 octobre un hommage national aux victimes de l’attentat de Trappes et La Verrière, présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Mais le choix de celui qui conduira la cérémonie suscite déjà des objections. Jeudi, l’avocat de cinq parties civiles a vivement contesté cette désignation, tandis que le maire de La Verrière a demandé que les victimes de sa commune ne soient pas oubliées. La date et le lieu de l’hommage restent inconnus.

L’attaque du 23 octobre a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et fait sept blessés. Selon le point présenté jeudi 29 octobre à 11 heures par le procureur national antiterroriste Olivier Christen, trois personnes étaient encore hospitalisées, dont une avec un pronostic vital engagé.

« Pour nous, c’est une insulte »

L’annonce de l’hommage national a été faite mercredi par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, après le Conseil des ministres. Aurore Bergé, ministre chargée de la lutte contre les discriminations, a ensuite précisé devant le Sénat que Sébastien Lecornu présiderait personnellement la cérémonie. Elle a notamment invoqué l’état de santé des blessés pour expliquer que ses modalités restaient à définir.

Jeudi, sur RTL, Me Yassine Bouzrou, qui représente cinq parties civiles, a exprimé son opposition au choix du Premier ministre. « Pour nous, c’est une insulte », a-t-il déclaré.

L’avocat reproche à Sébastien Lecornu d’avoir évoqué la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite tué à Lyon en février, lors d’une réponse parlementaire consacrée à l’attentat de Trappes. Me Bouzrou juge ce rapprochement inapproprié face à des victimes ciblées en raison de leur origine ou de leur religion supposée.

Il critique également les propos tenus en septembre par Aurore Bergé sur la théorie du « grand remplacement ». La ministre avait d’abord refusé de qualifier cette théorie de raciste, avant de la décrire comme fausse, dangereuse et porteuse de « relents racistes ». Sa participation à la future cérémonie n’a pas été officiellement confirmée.

Me Bouzrou ne conteste pas le principe d’un hommage national, mais le choix des responsables politiques appelés à y participer.

À La Verrière, la crainte d’être oubliée

Une autre préoccupation s’exprime à La Verrière, également frappée par les tirs du 23 octobre.

Invité de RTL jeudi matin, son maire Nicolas Dainville a regretté de ne pas être davantage associé à la préparation de l’hommage national. « C’est vrai qu’on parle beaucoup de Trappes à juste titre. La Verrière est souvent un peu oubliée », a-t-il expliqué, soulignant que sa commune n’avait reçu ni visite présidentielle ni visite ministérielle.

Le maire ne conteste pas la cérémonie. Il souhaite que les victimes de La Verrière y trouvent pleinement leur place. Cette préoccupation est d’autant plus sensible qu’une enfant grièvement blessée dans la commune reste hospitalisée, même si son état s’est amélioré. Mercredi soir, une marche blanche avait réuni des habitants autour de ses proches.

À Trappes, le maire Ali Rabeh a pour sa part salué la décision d’organiser un hommage national, remerciant Emmanuel Macron d’accorder à l’attaque la gravité et la solennité qu’elle exige.

Pendant ce temps, l’enquête judiciaire avance. Jeudi 29 octobre, RTL a rapporté à 16 h 33 la mise en examen de Kévin T., 39 ans, pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec circonstance aggravante de racisme. Selon le procureur, il a reconnu avoir prémédité l’attaque et visé des personnes qu’il percevait comme musulmanes ou d’origine africaine. Il conteste toute intention terroriste. Sa culpabilité reste à établir.

Deux rassemblements vendredi dans les communes touchées

Deux rassemblements sont annoncés vendredi 30 octobre, une semaine après l’attaque.

À La Verrière, un hommage républicain se tiendra à 16 heures devant l’hôtel de ville.

À Trappes, la municipalité appelle à un rassemblement contre le racisme et l’islamophobie à 18 heures, place des Merisiers. Des restrictions de circulation et de stationnement sont prévues autour du site depuis mercredi 28 octobre à 18 heures et jusqu’à vendredi 30 octobre à 23 heures. La mairie recommande de venir à pied ou en transports en commun et publie les consignes pratiques pour le rassemblement.

Ces deux rendez-vous ont une heure et un lieu, contrairement à l’hommage national encore en préparation. Vendredi, c’est d’abord à La Verrière et à Trappes que les habitants se réuniront pour honorer Pengo Bossio Wangi et témoigner leur solidarité aux blessés et à leurs proches.

Sources consultées
  1. SénatComptes rendus analytiques officiels du 28 octobre 2026
  2. RTL« Pour nous, c’est une insulte » : l’avocat de plusieurs victimes dénonce la présence de Lecornu et Bergé à l’hommage national
  3. RTLLa commune de La Verrière toujours sous le choc après l’attentat raciste
  4. RTL« Grande préparation » de l’attentat de Trappes : ce qu’il faut retenir de la conférence du parquet
  5. TV78Attentat de Trappes et La Verrière : deux rassemblements vendredi pour rendre hommage aux victimes et dénoncer le racisme
  6. Mairie de TrappesRassemblement contre le racisme