
Au 8-10 avenue Morane-Saulnier, NDC Paris 1 est désormais en chantier. Le futur data center de Nation Data Center, filiale d’Altarea, vise 7 MW de puissance informatique sur 2 268 m² de salles IT, pour une livraison annoncée en 2027. Juste à côté doit prendre place une résidence étudiante sociale de 365 logements.
Cette proximité est une partie de la technologie du projet.
Un serveur consomme de l’électricité pour calculer, stocker ou transmettre des données, puis restitue l’essentiel de cette énergie sous forme de chaleur. Il faut l’évacuer en permanence. Sur le papier, la récupérer paraît donc évidente. Dans la pratique, l’ADEME souligne que très peu de centres de données français valorisent réellement cette chaleur : encore faut-il pouvoir la capter à une température utile et trouver suffisamment près un bâtiment ou un réseau prêt à l’absorber.
À Vélizy, ces débouchés sont presque voisins. L’Autorité environnementale situe la chaufferie du réseau urbain à environ 400 mètres du projet et chiffre à 4 GWh par an le potentiel de valorisation de la chaleur du futur centre. Elle relève aussi que cette possibilité a compté dans le choix du site.
Dès 2024, le dossier administratif contenait un courrier de Vélidis, l’exploitant du réseau de chaleur, ainsi que des éléments sur des accords partenariaux soutenant une perspective de récupération de 4 000 MWh par an en régime établi. Les documents publics ne détaillent toutefois pas quelle part serait utilisée directement par la résidence étudiante et quelle part passerait par le réseau urbain.
Vélizy possède déjà l’autre moitié du dispositif : un réseau capable de transporter cette énergie. Depuis juillet, Vélidis est engagé dans une nouvelle concession de vingt-quatre ans, avec 5 km d’extension prévus. ENGIE prévoit de porter son mix à 73 % d’énergies renouvelables et de récupération, notamment grâce à la géothermie et à de la chaleur issue du réseau de froid Vélifrio.
NDC Paris 1 est aussi conçu pour accepter plusieurs façons de refroidir les serveurs, de l’air jusqu’au Direct Liquid Cooling, où un liquide récupère la chaleur beaucoup plus près des composants. Ce n’est pas un détail avec les machines informatiques les plus denses : l’ADEME constate que le refroidissement liquide permet d’obtenir une chaleur à une température plus élevée, donc plus facile à réutiliser.
L’innovation de Vélizy tient ainsi moins à une invention qu’à un assemblage. Un data center produit de la chaleur toute l’année ; à quelques dizaines ou centaines de mètres se trouvent des logements et un réseau capable d’en avoir besoin. L’infrastructure numérique et l’infrastructure énergétique commencent à pouvoir se servir l’une de l’autre.
À l’ouverture annoncée en 2027, un chiffre permettra de mesurer ce que cet assemblage vaut réellement : parmi les 4 GWh de chaleur aujourd’hui identifiés comme récupérables chaque année, combien quitteront effectivement le data center pour chauffer ses voisins ?
Sources consultées
- AltareaNDC Paris 1
- Mission régionale d’autorité environnementale d’Île-de-FranceAvis APJIF-2025-006 sur le programme mixte et le centre de données à Vélizy-Villacoublay
- Préfecture de la région Île-de-FranceArrêté d’agrément du projet Nation Data Center et Altarea Cogedim IDF
- ADEMECentres de données numériques : perspectives d’évolution de leurs consommations
- ENGIE SolutionsVélizy-Villacoublay renouvelle sa confiance pour développer son RCU