
Depuis le 17 septembre, deux navettes électriques Milla Car circulent au Plessis-Trévise avec des voyageurs à bord. Le service est gratuit et expérimental. Son parcours compte neuf arrêts sur 4,7 km aller-retour, entre la place Michel-Bony et le complexe omnisports, avec une vitesse maximale de 30 km/h.
La nouveauté n’est pas simplement de voir une navette autonome dans la circulation. Un opérateur de sécurité reste d’ailleurs présent à bord. Le programme SMACS cherche à franchir une étape plus difficile : faire fonctionner plusieurs véhicules simultanément sur la voie publique, sous supervision à distance, avec l’objectif de pouvoir à terme exploiter ce type de service sans opérateur de sécurité embarqué. MILLA présente explicitement la validation de cette supervision comme l’un des objectifs du projet.
Le Plessis-Trévise marque ainsi le passage du terrain d’essai à la rue. En 2025, deux navettes avaient été expérimentées sur le site de l’UTAC à Linas-Montlhéry, où elles partageaient déjà la chaussée avec d’autres véhicules mais restaient dans un environnement contrôlé. L’UTAC annonçait alors une seconde phase sur voie publique au Plessis-Trévise.
Un transport autonome ne repose pas seulement sur un véhicule capable de suivre un itinéraire. Il faut aussi exploiter la flotte, surveiller son fonctionnement, gérer son insertion parmi les autres usagers et faire face aux imprévus de la circulation en maintenant le service en sécurité. La RATP inscrit précisément l’expérimentation du Plessis-Trévise dans le cadre réglementaire des systèmes de transport routier automatisés et confirme qu’elle exploite les véhicules fournis par MILLA de septembre à décembre 2026.
Les deux navettes desservent principalement des secteurs qui ne sont pas couverts par les lignes régulières, tout en passant à proximité des bus 206, 207 et 208b. Chaque véhicule peut accueillir sept voyageurs. L’expérience doit aussi mesurer la fiabilité du service et son acceptation par les voyageurs. Elle n’est pas présentée comme la préfiguration immédiate d’une nouvelle ligne.
La Clé Publique décrivait le 14 septembre la préparation d’un passage à plus grande échelle des transports autonomes en Île-de-France. Le test val-de-marnais montre ce que cette perspective exige avant d’atteindre cette échelle : non plus seulement faire rouler un véhicule autonome, mais exploiter plusieurs navettes ensemble dans des rues ordinaires.
Aucun résultat de fonctionnement n’est encore publié sur la disponibilité du service ou la fréquence des interventions humaines. L’expérience doit se poursuivre jusqu’à la fin décembre. Au Plessis-Trévise, c’est cette capacité d’exploitation, davantage que la seule conduite automatique, qui est désormais mise à l’épreuve.
Sources consultées
- RATPPolitique générale de confidentialité, section « Expérimentation de mobilité autonome en environnement urbain »
- UTACUTAC lance la phase pilote du programme de mobilité autonome SMACS
- MILLASMACS
- Autocar & Bus InfosGroupe RATP expérimente un service gratuit avec deux navettes électriques autonomes
- Mobily-CitésAu Plessis-Trévise, la RATP fait des « SMACS »