
Au deuxième trimestre 2026, 8 120 entreprises ont été créées dans le Val-de-Marne, 5,8 % de plus qu’un an auparavant. Pourtant, l’emploi salarié recule légèrement, le chômage atteint 8,6 % et les offres confiées directement à France Travail sont moins nombreuses. Les immatriculations restent donc nombreuses, sans que tous les indicateurs économiques avancent dans le même sens.
La première explication tient aux statistiques elles-mêmes. Une création d’entreprise est une nouvelle unité légale, pas un emploi salarié. Et l’Insee ne mesure même pas l’emploi et le chômage avec exactement la même géographie : les 552 600 emplois salariés comptabilisés fin juin sont des emplois situés dans le Val-de-Marne, tandis que le taux de chômage concerne les actifs qui y résident. Dans un département très intégré au marché du travail francilien, les deux populations ne coïncident pas.
Sur un an, le nombre d’emplois salariés implantés dans le département baisse ainsi de 0,4 %. Le chômage passe dans le même temps de 7,7 % à 8,6 %. À l’échelle de l’Île-de-France, cette hausse du chômage malgré un emploi presque stable était déjà visible au deuxième trimestre. Sur l’emploi, le Val-de-Marne se situe un peu en retrait : l’emploi francilien est stable sur un an, quand celui du département recule.
Les offres confiées à France Travail vont dans le même sens. L’opérateur en a collecté directement auprès des employeurs environ 2 200 par mois au deuxième trimestre, contre 2 400 un an auparavant, soit une baisse de 8,3 %. Ce chiffre ne représente pas toutes les offres disponibles ni toutes les embauches. Il mesure les annonces déposées directement par les employeurs auprès de France Travail. Mais son recul est plus prononcé qu’en Île-de-France, où il atteint 7 %, et surtout qu’en France, où il est limité à 0,5 %.
Les créations d’entreprises racontent une autre histoire. Leur hausse de 5,8 % dans le Val-de-Marne reste réelle, mais elle est inférieure à celle de l’Île-de-France sur la même période. À l’échelle régionale, l’augmentation est d’ailleurs nettement plus forte chez les micro-entrepreneurs, +13 % sur un an, que parmi les créations classiques, +2,7 %. Le tableau publié par l’Insee ne donne pas cette ventilation pour le seul Val-de-Marne au deuxième trimestre : on ne peut donc pas savoir quelle part de la hausse départementale de 5,8 % vient des micro-entreprises.
Les défaillances distinguent davantage le département. De juillet 2025 à juin 2026, 1 440 ont été enregistrées, soit 10,3 % de plus que pendant les douze mois précédents. La hausse atteint 4,4 % en Île-de-France et 5,1 % en France. Dans la statistique de l’Insee, une défaillance correspond à l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ; elle ne signifie pas nécessairement que l’entreprise cesse immédiatement son activité.
À la rentrée 2026, le Val-de-Marne reste donc un département où beaucoup d’entreprises se créent. Mais, derrière ces immatriculations, le marché salarié est moins porteur qu’un an auparavant et les défaillances progressent plus vite qu’aux échelles régionale et nationale.