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Emploi stable, chômage en hausse : les deux cartes du travail francilien

Le chômage augmente dans les huit départements franciliens tandis que l’emploi salarié reste stable. Le Val-d’Oise illustre ce décalage territorial.

Illustration du marché du travail francilien

Au deuxième trimestre 2026, l’Île-de-France conserve son volume d’emplois salariés, mais son taux de chômage atteint 8,2 %, soit 0,9 point de plus qu’un an auparavant. La hausse touche les huit départements : de 6,6 % à Paris à 11,5 % en Seine-Saint-Denis, en passant par 7,4 % dans les Hauts-de-Seine, 7,7 % dans les Yvelines et l’Essonne, 7,9 % en Seine-et-Marne, 8,6 % dans le Val-de-Marne et 9,5 % dans le Val-d’Oise.

Le cas du Val-d’Oise est le plus frappant. Sur un an, l’emploi salarié y progresse de 0,7 %, la plus forte hausse de tous les départements français. Dans le même temps, son taux de chômage augmente de 1,2 point. Ailleurs, les trajectoires diffèrent encore : l’emploi gagne 0,2 % à Paris et en Seine-Saint-Denis, mais recule de 0,6 % dans les Yvelines et de 0,4 % dans le Val-de-Marne.

Ces chiffres ne décrivent pas huit marchés du travail fermés sur eux-mêmes. Les estimations d’emploi comptent les postes là où ils sont exercés ; le chômage localisé concerne les actifs qui résident dans le territoire. Cette distinction compte particulièrement en Île-de-France, où les emplois sont très inégalement répartis. Une étude publiée par l’Insee en mars montre qu’en 2022 Paris comptait 178 emplois pour 100 actifs occupés résidents. Paris Ouest La Défense en comptait près de 179, Roissy Pays de France 120 et Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines 115. À l’autre extrême, le nord du Val-d’Oise en comptait 50 pour 100 résidents en emploi, le centre du département 54, le nord-est de la Seine-et-Marne 57 et le sud de l’Essonne 55.

La région fonctionne ainsi avec des pôles qui concentrent les postes et de vastes territoires davantage résidentiels. En 2022, elle comptait au total 105 emplois pour 100 actifs occupés résidents, et 7 % de ses emplois étaient occupés par des personnes vivant hors d’Île-de-France. Un emploi supplémentaire dans un département ne se traduit donc pas automatiquement par un chômeur de moins parmi ses habitants.

Cette géographie explique pourquoi les deux cartes ne se superposent pas mécaniquement. Elle n’explique pas, à elle seule, pourquoi le chômage régional monte alors que l’emploi salarié reste stable : les données publiées ce 18 septembre ne permettent pas de décomposer précisément le rôle de la population active, des passages entre emploi, chômage et inactivité ou de l’emploi non salarié. Elles permettent en revanche d’écarter une lecture trop simple dans laquelle chaque emploi perdu ou créé se retrouverait directement dans le taux de chômage du même département.

Ces taux ne doivent pas non plus être confondus avec les inscriptions à France Travail. Depuis 2025, l’Insee a adapté le calcul du chômage localisé pour limiter les effets administratifs de la loi pour le plein emploi sur les inscriptions. Les estimations du dernier trimestre restent provisoires.

Le cas du Val-d’Oise résume finalement cette géographie francilienne : le département affiche à la fois la plus forte progression de l’emploi salarié de France sur un an et un chômage à 9,5 %. Les emplois et les actifs ne s’arrêtent pas aux mêmes frontières.

Sources consultées
  1. InseeAu deuxième trimestre 2026, l’emploi salarié est stable ou quasi stable dans la moitié des régions
  2. InseeDes disparités d’emploi et de chômage au sein des 27 comités locaux pour l’emploi franciliens