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À Fontenay, 80 millions d’euros pour faire basculer le réseau de chaleur vers la géothermie

L’enquête publique de CLÉA ouvre ce 21 septembre : 80 M€, deux puits à 1 770 m et 6,4 km de réseau pour réduire la dépendance au gaz.

Illustration du réseau géothermique de Fontenay

L’enquête publique du projet CLÉA ouvre ce lundi 21 septembre à Fontenay-sous-Bois, une semaine après la signature, le 14 septembre, avec ses financeurs. L’opération est désormais estimée par la Ville à 80 millions d’euros. L’ADEME apporte 29 millions via le Fonds Chaleur et la Métropole du Grand Paris 2 millions. Les autorisations de recherche du gîte géothermique et de travaux miniers nécessaires aux deux puits restent toutefois à délivrer : l’enquête publique doit éclairer les décisions préfectorales.

L’investissement prend une autre dimension lorsqu’on regarde le réseau qu’il doit transformer. En 2024, la Régie du chauffage urbain a produit 114 GWh de chaleur, dont 84,6 GWh au gaz naturel et 29,3 GWh avec de la biomasse. CLÉA vise à porter la part des énergies renouvelables et locales à plus de 90 % à l’horizon 2030. Le gaz ne disparaîtrait pas entièrement : une chaudière liée à la cogénération doit être supprimée et la puissance de trois autres réduite.

Pour y parvenir, il ne suffit pas de creuser deux puits. La RCU prévoit un doublet géothermique à environ 1 770 mètres, une nouvelle chaufferie biomasse, des pompes à chaleur et une cuve de 1 500 m³ capable de stocker de l’eau chaude. Le site de production doit passer d’environ 4 à près de 11 hectares.

Le changement se poursuivra sous les rues et jusque dans les bâtiments. La géothermie impose le passage du réseau en basse pression, le déclassement d’une partie des installations existantes et l’adaptation des postes qui livrent la chaleur aux immeubles. Le réseau doit aussi gagner 6,4 km vers le sud de Fontenay et Nogent-sur-Marne. Des équipements de mesure doivent permettre d’ajuster plus finement le chauffage aux consommations et aux prévisions météorologiques.

Le programme de 80 millions d’euros porte donc sur bien davantage que les deux puits : CLÉA est moins la construction d’une centrale que la conversion progressive d’un système urbain entier. Les aides publiques déjà identifiées atteignent 31 millions d’euros. Le détail complet du plan de financement n’est toutefois pas publié dans les documents consultés. L’objectif affiché est aussi économique : moins dépendre du gaz doit rendre le coût de production moins sensible à ses variations, sans que cela permette aujourd’hui de garantir l’évolution de la facture de chaque abonné.

Fontenay n’expérimente pas une technologie inconnue. La géothermie profonde du Dogger alimente déjà de nombreux réseaux franciliens, particulièrement dans le Val-de-Marne. Le département voit d’ailleurs avancer en parallèle un autre projet à Rungis. À Fontenay, l’ensemble des travaux doit se poursuivre jusqu’en 2029 selon le calendrier présenté par la RCU.

L’enquête reste ouverte jusqu’au 22 octobre à 17 heures. Une réunion publique est prévue le 6 octobre à 19 h 30 à la Maison du citoyen de Fontenay-sous-Bois, et chacun peut déposer une contribution sur le registre numérique. La consultation précède les décisions préfectorales sur les autorisations nécessaires aux deux puits qui doivent descendre à environ 1 770 mètres sous Fontenay.

Sources consultées
  1. Registre NumériqueEnquête publique unique en vue d'obtenir une autorisation de recherche de gîte géothermique
  2. Ville de Fontenay-sous-BoisRapport d’orientations budgétaires 2026
  3. France Chaleur UrbaineRéseau de Fontenay sous Bois
  4. Métropole du Grand ParisAttribution de subventions au titre du Fonds Énergies, 11 juillet 2025
  5. ADEME Île-de-FranceGéothermie profonde en Île-de-France