
À Saint-Brice-sous-Forêt, l’avis favorable rendu le 10 août sur le parc solaire des Monts de Sarcelles valide surtout un choix territorial singulier : utiliser la vente d’électricité pour rendre possible la reconquête d’une friche de 8,4 hectares où se sont accumulées quelque 7 200 tonnes de déchets.
La commissaire enquêtrice donne un avis favorable sans réserve au projet, assorti d’une recommandation. Le permis de construire n’est toutefois pas encore accordé. La centrale prévue comprend 13 104 panneaux pour une puissance de 8,39 MWc et une production estimée à 9 GWh par an, l’équivalent de la consommation électrique d’environ 1 800 foyers.
Le projet est estimé par le maître d’ouvrage entre 7,5 et 8 millions d’euros. Cette somme comprend près d’un million d’euros consacré au tri, à l’évacuation et au traitement des déchets, un poste chiffré plus précisément entre 690 000 et 1,035 million d’euros. Le financement envisagé repose à 80 % sur de la dette bancaire et à 20 % sur des fonds propres.
Ce montage distingue le dossier d’un simple choix d’emplacement pour des panneaux. Le terrain, déjà marqué par quelque 7 200 tonnes de déchets, est enclavé entre la RD301, la ligne H et la zone d’activités de Groslay, après des années d’occupations illicites et de dépôts sauvages.
Les autres usages étudiés se heurtent au même problème : reprendre ce terrain coûte cher. L’agriculture et le logement se heurtent notamment à la pollution et aux contraintes du site. Pour en faire un parc public, les études citées par le maître d’ouvrage estiment entre 4,3 et 11,5 millions d’euros le seul franchissement de la voie ferrée nécessaire pour l’ouvrir correctement au public. Développer davantage de solaire sur les toitures et parkings du territoire reste possible, mais ne finance pas la remise en état de cette parcelle.
La commissaire enquêtrice juge ce compromis proportionné. Elle relève que les exigences écologiques intégrées au projet réduisent volontairement sa rentabilité : maintien et suivi des milieux pendant trente ans, mesures d’évitement et de réduction, contrôle des sols et remise en état du site. Demander davantage de contraintes réduirait, selon ses conclusions, la production électrique et les recettes locales sans bénéfice écologique suffisamment établi.
Sa seule recommandation concerne le ZAN. Le terrain figure dans le document-cadre départemental permettant, sous conditions, de ne pas comptabiliser le parc comme consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers. La commissaire demande toutefois de vérifier auprès de l’État que l’enregistrement national requis a bien été effectué.
Les candidatures au marché global de conception, construction, exploitation et maintenance de la centrale pouvaient être déposées jusqu’au 12 août à midi. Aucun résultat de cette première sélection n’était encore public au 13 août.
Si les autorisations et le marché suivent le calendrier présenté pendant l’enquête, l’évacuation des 7 200 tonnes de déchets doit commencer au premier semestre 2027. La centrale pourrait ensuite entrer en service au début de 2028, sur un terrain qui aura d’abord dû être débarrassé de ce qui s’y est entassé pendant des années.
Sources consultées
- Enquête publique E26000014/95Rapport d’enquête, avis et conclusions motivées sur le Parc Solaire Plaine Vallée
- Préfecture du Val-d’Oise / Registre NumériqueEnquête publique relative au projet de centrale photovoltaïque sur la commune de Saint-Brice-sous-Forêt
- Communauté d’agglomération Plaine ValléeParc Solaire Plaine Vallée : Avis favorable du commissaire enquêteur
- BOAMPAvis de marché n° 26-65668 du 2 juillet 2026