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Aux Monts de Sarcelles, le solaire commence par 7 200 tonnes de déchets

À Saint-Brice-sous-Forêt, l’enquête publique sur le futur parc solaire se poursuit jusqu’au 20 juillet, sur une friche à dépolluer avant 2028.

Panneaux solaires sur friche urbaine

À Saint-Brice-sous-Forêt, le futur parc solaire Plaine Vallée est soumis à enquête publique jusqu’au 20 juillet. Le projet vise une friche de 8,4 hectares aux Monts de Sarcelles, prise entre la RD301, la ligne H et la zone d’activités de Groslay.

Avant d’être une histoire d’électricité, c’est une histoire de sol repris en main. Ancienne friche arboricole, le terrain a été abandonné, occupé illégalement et utilisé pendant plus de dix ans pour des dépôts sauvages. Le dossier d’enquête recense près de 7 200 tonnes de déchets en surface. Après la dernière expulsion de l’été 2022, les services de l’État ont demandé à Plaine Vallée de garantir une reconquête durable du site et d’éviter de nouvelles intrusions.

La centrale prévue occuperait 8,1 hectares clôturés. Elle compterait 13 104 panneaux photovoltaïques, deux postes de transformation, un poste de livraison, une citerne incendie et des accès techniques. Sa puissance serait de 8,39 MWc, pour une production annuelle attendue d’environ 9 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique de 1 500 à 2 000 foyers selon les documents du projet.

L’investissement annoncé atteint 6 à 7 millions d’euros pour l’installation photovoltaïque, auxquels s’ajoute environ 1 million d’euros pour le retrait des déchets et la dépollution préalable. Le marché lancé début juillet porte sur la conception, la réalisation, puis l’exploitation et la maintenance de la centrale pendant huit ans après la réception des travaux. Il ne comprend pas le retrait des déchets, traité à part. Les demandes de participation sont attendues jusqu’au 12 août. Si le calendrier prévisionnel tient, la dépollution commencerait début 2027 et la mise en service interviendrait en mars 2028.

Dans un Val-d’Oise dense, ce type de projet dit quelque chose de très simple : le gisement solaire le plus défendable n’est pas toujours un toit ou un champ, mais parfois un morceau de périphérie abîmé qu’il faut remettre dans le jeu. Ici, le compromis consiste à transformer un foncier coûteux à surveiller en infrastructure productive, sans aller chercher une terre agricole active.

Le choix de la société de projet compte aussi. Elle associe Plaine Vallée, Saint-Brice-sous-Forêt, le Sigeif et la Semavo. Plaine Vallée explique avoir retenu ce portage pour ne pas transférer à un opérateur privé la valeur économique d’un projet déjà sécurisé par les études et le foncier. L’électricité, elle, sera injectée en totalité sur le réseau public. Elle ne modifiera pas directement les contrats ni les factures des habitants. Une autoconsommation collective pourrait être étudiée plus tard pour des bâtiments publics, mais ce n’est pas l’objet immédiat du parc.

L’enquête en cours porte sur le permis de construire et l’étude d’impact. Elle ne tranche donc pas seulement la beauté ou la discrétion de 13 104 panneaux au bord de la RD301. Elle met à l’épreuve une chaîne d’opérations : dépolluer, clôturer, raccorder, produire, entretenir et tenir le site pendant trente ans. Les habitants peuvent encore déposer une observation sur le registre numérique jusqu’au 20 juillet à 17 h. Après quoi les Monts de Sarcelles sauront un peu mieux s’ils restent une friche sous surveillance ou deviennent une centrale solaire au bord de la ligne H.

Sources consultées
  1. Communauté d’agglomération Plaine ValléeLe Parc Solaire Plaine Vallée
  2. Registre numérique de l’enquête publiqueEnquête publique relative au projet de centrale photovoltaïque sur la commune de Saint-Brice-Sous-Forêt
  3. France Marchés / BOAMPAvis de marché n° 26-65668, Consultation pour la réalisation d’une centrale photovoltaïque au sol sur la commune de Saint-Brice-sous-Forêt