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En Seine-Saint-Denis, plus de créations d’entreprises, mais 11,5 % de chômage

Le 93 a enregistré 10 740 créations d’entreprises au deuxième trimestre 2026, en hausse de 9,5 % sur un an, tandis que le chômage atteignait 11,5 %.

Illustration de l’économie du 93

Au deuxième trimestre 2026, 10 740 entreprises ont été créées en Seine-Saint-Denis, soit 9,5 % de plus qu’un an auparavant. Pourtant, le taux de chômage du département a grimpé à 11,5 %, contre 10,6 % un an plus tôt. L’emploi salarié, lui, reste presque immobile, avec environ 678 800 postes.

Le tableau de bord publié lundi par la CCI Paris Île-de-France montre que l’écart apparaissait déjà en début d’année. Au premier trimestre, les créations d’entreprises progressaient de 2,6 % sur un an et les défaillances reculaient de 4,2 %, tandis que l’emploi salarié diminuait légèrement et que le chômage atteignait déjà 11,1 %. Au deuxième trimestre, les créations accélèrent encore tandis que le chômage poursuit sa hausse.

Ces chiffres ne mesurent cependant pas la même chose. Créer une entreprise ne signifie pas créer immédiatement un emploi salarié, encore moins un emploi occupé par un habitant du département. Entre avril et juin, les 10 740 créations recensées dépassent de 9,5 % celles de la même période de 2025. Dans le même temps, l’emploi salarié situé en Seine-Saint-Denis recule seulement de 0,1 % sur le trimestre et reste même 0,2 % au-dessus de son niveau d’un an plus tôt. Le chômage, lui, augmente de 0,9 point en un an.

Le point régional publié le 18 septembre montrait déjà cette coexistence entre emploi stable et chômage en hausse. Elle est particulièrement visible en Seine-Saint-Denis : avec 11,5 %, le département affiche au deuxième trimestre le taux le plus élevé d’Île-de-France, contre 8,2 % pour la région.

La géographie du travail éclaire cet écart. En 2023, la Seine-Saint-Denis comptait environ 637 000 emplois pour 705 500 actifs occupés qui y résidaient, soit 90 emplois pour 100 actifs occupés résidents. Et 80 % de ces derniers travaillaient hors de leur commune de résidence. Plus de la moitié, 51 %, utilisaient les transports en commun pour aller travailler. L’emploi des Séquano-Dionysiens dépend donc d’un marché du travail largement intercommunal.

Même le répit observé sur les défaillances au premier trimestre s’est estompé : à fin juin, 2 500 défaillances avaient été enregistrées en Seine-Saint-Denis sur douze mois, soit 0,4 % de plus que sur les douze mois précédents.

Le département continue ainsi d’enregistrer un volume élevé de créations d’entreprises sans que cela se traduise mécaniquement par une amélioration du marché du travail pour ses habitants. Au deuxième trimestre, le chômage atteint 11,5 % en Seine-Saint-Denis.

Sources consultées
  1. CCI Paris Île-de-France, CROCISTableau de bord départemental de la Seine-Saint-Denis - 2026
  2. InseeTableau de bord de la conjoncture : Île-de-France
  3. InseeTaux de chômage localisés au 2e trimestre 2026
  4. InseeDossier complet - Département de la Seine-Saint-Denis