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À Saint-Denis, l’Euro montre pourquoi apprendre à nager ne tient pas qu’à une piscine

Pendant l’Euro, un bassin provisoire accueille de jeunes participants à Saint-Denis. Une étude de l’État éclaire les difficultés persistantes de l’apprentissage de la nage dans le 93.

Enfants dans un bassin à Saint-Denis

À côté du Centre aquatique olympique de Saint-Denis, où se disputent les Championnats d’Europe, un bassin provisoire accueille cette semaine de jeunes participants. EDF avait annoncé 580 jeunes bénéficiaires de l’opération menée avec la Fédération française de natation. Vendredi, Le Parisien décrit des groupes inscrits gratuitement auprès de la mairie de Saint-Denis, avec deux séances de 45 minutes consacrées notamment à prendre des repères et à réduire la peur de l’eau.

Ces ateliers ont leur utilité, mais leur format dit aussi les limites d’un grand événement pour apprendre réellement à nager. EDF présente lui-même l’opération comme un moyen de développer l’aisance aquatique. Pour son dispositif « J’apprends à nager », la FFN prévoit au minimum dix heures de pratique avant de proposer le test du Savoir Nager en Sécurité aux enfants qui ont acquis les compétences nécessaires.

En Seine-Saint-Denis, trouver ces heures d’eau est précisément le travail de fond. Le Département et l’État ont signé au printemps un plan « Héritage Savoir nager » courant jusqu’en 2028, annoncé à 10,9 millions d’euros. Parmi les actions mises en avant figurent la pérennisation des stages intensifs pendant les vacances, une étude sur les besoins en maîtres-nageurs et la poursuite du rééquilibrage des piscines vers l’est du département. En parallèle, le Plan piscines 2 mobilise 35 millions d’euros jusqu’en 2028 pour créer des lignes d’eau et rénover les équipements, dont 15 millions issus de la Solideo, financés par l’État et la Région.

Or une étude d’impact publiée par l’État au printemps 2026 montre que construire des bassins et mobiliser des encadrants ne suffit pas à faire disparaître le retard. Pour l’année scolaire 2022-2023, les chercheurs mesurent un taux de réussite de 59,25 % au test du savoir-nager en Seine-Saint-Denis, contre 86,84 % dans la base nationale. L’écart s’est creusé par rapport à 2014-2015.

L’étude pointe notamment les effets des trajets : la congestion peut provoquer retards et annulations et réduire le temps effectivement passé dans l’eau. Avec une population scolaire nombreuse et des équipements très sollicités, disposer d’un bassin ne garantit donc pas, à lui seul, un cycle d’apprentissage régulier. Les résultats placent ainsi la continuité des séances et le temps réellement passé à apprendre au cœur du problème.

Les Classes aquatiques d’Est Ensemble répondent à la même difficulté, en complétant les séances ordinaires lorsque celles-ci ne suffisent pas.

Le petit bassin installé devant le Centre aquatique olympique offre donc une bonne porte d’entrée. Un enfant peut y sortir moins inquiet qu’en arrivant. Pour le 93, le résultat durable se jouera ensuite dans les semaines qui suivent : réussir à lui garantir assez de séances, assez rapprochées, jusqu’à ce qu’il sache réellement nager.

Sources consultées
  1. Le Parisien« Certains avaient un peu peur de l’eau » : 580 enfants ont pu apprendre à nager pendant les Championnats d’Europe
  2. Fédération française de natationJ’apprends à nager
  3. Conseil départemental de la Seine-Saint-DenisLe Département renforce son Plan Savoir-Nager
  4. News Tank Sport / Filière SportNatation : le plan héritage départemental « Savoir-Nager en Seine-Saint-Denis » doté de 10,9 M€ jusqu’en 2028
  5. Délégation interministérielle aux Jeux olympiques et paralympiquesL’impact de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 sur le niveau de savoir nager en Seine-Saint-Denis
  6. Conseil départemental de la Seine-Saint-DenisLancement du Plan piscines 2 en Seine-Saint-Denis