
Est Ensemble élargit ses Classes aquatiques en 2026: 750 élèves d’écoles élémentaires de Seine-Saint-Denis, principalement scolarisés en éducation prioritaire, doivent passer cinq jours au contact d’un milieu aquatique naturel. Lancé en 2025 avec deux écoles de Noisy-le-Sec, le dispositif passe à 36 classes dans sept villes du territoire.
Les stages sont prévus en deux vagues, entre fin mai et fin juin, puis en septembre, sur les îles de loisirs des Boucles de Seine et de Cergy-Pontoise. Le coût précis de l’opération n’a pas été rendu public.
À Est Ensemble, seuls 53 % des enfants obtiennent l’Attestation du savoir-nager en sécurité à la sortie de l’école primaire, selon les données citées par Est Ensemble. Pour améliorer ce chiffre, il ne suffit pas de dire aux enfants d’apprendre à nager. Il faut un bassin, un créneau, un transport, un enseignant, un maître-nageur, une progression pédagogique et assez de séances pour que l’eau cesse d’être une surprise.
Les Classes aquatiques ajoutent une brique à cette chaîne. Elles visent notamment les élèves les plus éloignés de la pratique sportive ou n’ayant pas encore validé l’attestation. Leur intérêt tient au format concentré et au changement de décor: un plan d’eau surveillé n’a pas les repères d’une piscine municipale, avec ses lignes au sol, ses murs proches et son carrelage familier. On y apprend aussi à flotter, se repérer, écouter une consigne, garder son calme.
Le territoire n’est pas dépourvu d’équipements. Est Ensemble gère onze piscines, de Bagnolet à Romainville, en passant par Bobigny, Bondy, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Montreuil, Noisy-le-Sec et Pantin. Son budget 2026 inscrit l’apprentissage de la natation dans une politique plus large: plus de 1 800 places à l’École de Natation Territoriale pour des enfants ne sachant pas nager, des stages pendant les petites vacances, 450 places gratuites l’été pour les 5-12 ans et la reconduction du tarif à 1 euro pour les jeunes pendant les vacances.
Le même budget dit aussi pourquoi la question ne se règle pas par un seul dispositif. Est Ensemble consacre 10 millions d’euros en 2026 à la nouvelle piscine des Malassis à Bagnolet, dont l’ouverture est prévue à la rentrée de septembre, et prépare la démolition-reconstruction de la piscine Édouard-Herriot à Noisy-le-Sec, avec une fin de travaux annoncée début 2029. Le savoir-nager dépend donc d’une pédagogie, mais aussi d’un parc de piscines qui se répare, se remplace et se finance.
Cette extension s’inscrit dans le prolongement du Plan Savoir-Nager en Seine-Saint-Denis, renforcé avec l’État jusqu’en 2028. Sa valeur est nette: elle concentre l’effort sur des enfants qui en ont besoin, avant l’été ou à la rentrée, et les met face à un milieu aquatique moins abstrait. Sa limite l’est aussi: une classe aquatique peut accélérer un apprentissage, pas remplacer des piscines disponibles toute l’année.
Pour les premiers élèves de Noisy-le-Sec, puis demain d’autres villes d’Est Ensemble, la réussite se mesurera dans un geste simple: entrer dans l’eau sans panique, comprendre le danger, et pouvoir en ressortir.