
Au Blanc-Mesnil, le campus privé trilingue de La Molette ne verra pas le jour sous la forme promise par l’ancienne majorité. Le nouveau maire Demba Traoré l’a annoncé après son arrivée à l’hôtel de ville. Cette décision ne met pas fin au futur quartier : la ZAC de 47 hectares qui devait accueillir le campus est déjà engagée, avec une concession dont l’horizon court jusqu’en 2050.
Le programme adopté en 2025 prévoit environ 5 800 logements, un parc de 7,3 hectares, une crèche, un gymnase et un groupe scolaire public de 22 classes. À côté de ces équipements figurait un campus privé trilingue de 15 000 m², de la maternelle au lycée. Le campus n’était donc pas l’école publique destinée à accompagner directement l’arrivée des nouveaux habitants, mais un équipement supplémentaire que l’ancienne municipalité mettait en avant dans la présentation du quartier.
Demba Traoré affirme n’avoir trouvé dans les services municipaux ni contractualisation, ni opérateur engagé, ni investisseur, ni permis de construire. Thierry Meignen, son prédécesseur et principal promoteur du projet, conteste cette version et soutient que le montage avec les partenaires chinois pouvait encore aboutir. Les actes publics établissent bien que le campus avait été inscrit dans la programmation de la ZAC. Ils ne suffisent pas, à eux seuls, à établir jusqu’où les engagements privés annoncés avaient réellement avancé.
Le reste de La Molette, lui, repose sur des actes déjà signés. Le traité de concession avec Séquano Grand Paris a été signé en mai 2025, la ZAC créée en juillet et la convention de gouvernance et de financement signée en août. Séquano affiche pour l’ensemble de l’opération un budget de 279 millions d’euros. La Métropole du Grand Paris annonce de son côté plus de 40 millions d’euros d’investissement sur dix ans. Le programme 2026 de Séquano prévoit notamment les acquisitions foncières, les études des espaces publics, les premiers permis et le concours du groupe scolaire et du gymnase.
La Molette montre ainsi la différence entre le cadre public de l’opération et les programmes qui dépendent de leur propre investisseur ou exploitant. Le parc, le groupe scolaire, les espaces publics et le travail foncier peuvent avancer alors que le campus, lui, disparaît de la version défendue par la nouvelle municipalité.
Demba Traoré indique vouloir étudier un autre établissement. Ce choix s’inscrit désormais dans le travail de coordination urbaine engagé à La Molette : pendant que le groupe scolaire public, le parc et les premiers permis avancent, la Ville et la Métropole doivent encore décider ce qui remplacera l’un des équipements les plus ambitieux du quartier.
Sources consultées
- Métropole du Grand ParisZAC de La Molette, synthèse de la PPVE et motifs de la décision
- Séquano Grand ParisRapport d’activité 2025
- Métropole du Grand ParisApprobation de la convention tripartite relative aux modalités de gouvernance et de financement de l’opération de La Molette
- Le Parisien« Monumental et démesuré » : au Blanc-Mesnil, le maire enterre le Harvard à la française à 60 millions d’euros