En Seine-Maritime, la semaine a surtout parlé d’usage. Pas de grande annonce unique, mais une même question posée à plusieurs endroits: comment rendre le territoire plus praticable sans attendre que tout soit reconstruit?
À Rouen, les mobilités restent le point dur. Le pont Flaubert fermera trois nuits, preuve très concrète de la dépendance de l’ouest métropolitain à quelques franchissements. La ZFE, elle, reste applicable malgré le débat national: vignette obligatoire, Crit’Air 4, 5 et non classés restreints, Crit’Air 3 encore autorisés, ce qui évite de toucher d’un coup 17,4 % du parc local. Dans le même temps, le mois du vélo vise une marge évidente: 56 % des déplacements métropolitains font moins de 3 km, mais le vélo ne pèse encore qu’environ 1 à 2 % des trajets. Le sujet n’est pas de célébrer la petite reine. Il est de savoir si un habitant peut réparer, stationner, essayer un itinéraire et recommencer le lendemain.
L’autre ligne forte tient à la lisibilité des risques. Le nouvel inventaire d’Atmo Normandie oblige à regarder les sources: oxydes d’azote liés à la route, particules fines au chauffage résidentiel, émissions industrielles ou agricoles selon les secteurs. Autour de Rouen, le dialogue sur le risque industriel va dans le même sens. Quand 57 % des habitants interrogés disent ne pas connaître les consignes en cas d’accident, l’information devient un équipement public à part entière.
Cette logique se retrouve dans les lieux ordinaires. À Rouen, les cours d’école se déminéralisent: 18 500 m² déjà retirés du bitume dans le programme municipal. À Criquetot-l’Esneval, la recyclerie intégrée au centre de recyclage donne une seconde vie possible aux objets. Moins d’effet d’annonce, plus de sols, de trajets, de bâtiments et de services remis au travail. C’est moins spectaculaire. C’est plus utile.