En Seine-Maritime, la semaine n’a pas vraiment parlé de grands gestes. Elle a parlé de tenue. De ce qu’il faut régler pour qu’un territoire continue de marcher quand tout se complique un peu à la fois: les trajets, les horaires, le foncier, les budgets, les usages numériques, la vie de quartier. Autour de Rouen, le nouveau mandat métropolitain commence d’ailleurs là, dans des arbitrages très concrets: aider une famille à transporter un enfant à vélo, doubler une aire de covoiturage, soutenir des centralités commerciales, tout en voyant revenir la vieille fragilité du samedi sur le réseau Astuce. Au Havre, même réalisme: la garde des tout-petits cesse d’être un simple comptage de places, et la cantine locale se joue moins dans les discours que dans les volumes, les tournées et les marchés publics. Plus haut sur les Hauts de Rouen, Châtelet sort enfin du langage des projets pour entrer dans celui du chantier réel.
Le plus intéressant est peut-être là: le département semble moins occupé à promettre qu’à s’équiper pour encaisser. On mesure mieux les retombées industrielles autour de Rouen, on durcit les règles d’usage du sol autour du Havre, on essaie de rendre le numérique un peu plus praticable pour ceux qui en sont tenus à distance. Même les signaux plus discrets vont dans ce sens. À Rouen, l’ouverture de la piscine Diderot pendant les vacances sert à absorber la pression créée ailleurs, pendant que le Pavillon des Transitions lance une exposition consacrée à la pluie et à l’adaptation, comme si le territoire assumait désormais que vivre ici, ce n’est pas attendre le retour à la normale, mais apprendre à mieux faire avec le réel.