En Seine-Maritime, la semaine a surtout parlé de choses très concrètes: l’eau, les accès, les urgences, le sol, le foncier utile. Plusieurs dossiers ont avancé en même temps, avec la même idée de fond: rendre l’usage plus fiable. Dans un département de ports, de vallées, de falaises et de réseaux lourds, ce n’est pas secondaire.
Autour de Rouen, l’eau potable n’est plus traitée comme un service qu’on répare tronçon par tronçon. La Métropole passe à une logique de sécurisation d’ensemble, avec un réseau pensé pour tenir en cas de pollution, de panne ou de rupture. La recharge électrique pose la même question sous une autre forme: il ne s’agit plus seulement d’ajouter des bornes, mais de rendre l’électrique réellement praticable pour ceux qui vivent en immeuble ou se garent dans la rue.
Les déplacements rappellent vite ce que vaut une infrastructure quand elle manque. Deux nuits de fermeture du pont Flaubert suffisent à remettre en tête qu’un axe structurant ne se remplace pas facilement. Et quand les marchés publics du début de semaine portent sur des canalisations, de l’assainissement, un collège à rénover ou un centre médico-social à remettre à niveau, on voit bien où part une bonne part de l’argent public: dans la tenue de l’existant.
Sur la Côte d’Albâtre, le recensement des cavités remet au premier plan un vieux risque qui continue de peser sur les maisons, les routes et les permis. Dans le pays de Caux, le nouveau PLUi du Havre fait la même chose par le droit: autour des clos-masures, on construit, on divise et on transforme moins librement qu’avant. Le sous-sol d’un côté, les règles de l’autre, mais dans les deux cas la même réalité: le territoire se gère de moins en moins à vue.
À Dieppe, la restructuration des urgences sort enfin du flou. Le projet entre dans les études concrètes, ce qui compte dans un service où la question n’est pas décorative: il faut mieux faire circuler des patients, des soignants et des décisions dans un hôpital déjà très sollicité.
Sur l’axe Seine, HAROPA a donné le signal le plus net de la semaine. En remettant en jeu du foncier rare à Grand-Couronne et à Radicatel, puis en publiant un premier bilan carbone qui renvoie l’essentiel des émissions vers l’écosystème industriel, le port dit deux choses à la fois: le terrain utile devient plus sélectif, et la décarbonation ne se jouera pas à la marge.
Le printemps, lui aussi, s’est installé plus franchement. Le Département a emmené 400 collégiens sur le GR21 dans le cadre de la Semaine olympique et paralympique, a lancé d’avril à octobre 120 animations gratuites dans 22 Espaces naturels sensibles, et Le Havre Seine Métropole a ouvert sa programmation patrimoniale d’avril à septembre tout en obtenant le label « Arbre remarquable » pour un métaséquoia du parc de Gromesnil.