
À Rouen, le conseil municipal a approuvé jeudi 8 octobre un programme de formations à la protection des enfants, estimé à 100 000 €, pour les agents des crèches, des écoles et des centres de loisirs. Il a également créé une instance chargée d’en suivre l’application. Les éventuels travaux dans les établissements attendront, eux, les conclusions d’un audit en novembre.
Le vote intervient après les plaintes déposées au printemps concernant des violences présumées à la crèche Pierre de Lune et à l’accueil périscolaire du Hameau des Brouettes. Trois agents municipaux avaient été écartés à titre conservatoire. Des enquêtes judiciaires sont toujours en cours, sans que la culpabilité des personnes mises en cause soit établie.
Ce que les 100 000 € doivent financer
En septembre, Rouen avait déjà annoncé de nouvelles procédures de protection : formation obligatoire des agents, cahier de suivi des interventions, traitement prioritaire des alertes et livret d’information remis aux parents.
Le vote du 8 octobre inscrit les crédits correspondants au budget municipal et précise l’organisation des formations.
Les animateurs seront formés en priorité. Le programme concerne également les personnels des crèches et des écoles. Des sessions spécialisées doivent notamment associer la cellule départementale chargée du recueil des informations préoccupantes et un centre de ressources sur les violences sexuelles.
Dans les onze crèches municipales, une troisième journée pédagogique obligatoire sera consacrée à la protection des enfants et aux procédures de signalement. Son calendrier et ses modalités pratiques restent à préciser.
Le plan prévoit également de renforcer la vérification du casier judiciaire des agents recrutés et d’appliquer une nouvelle procédure de soins aux enfants. Ces contrôles d’antécédents existaient déjà à Rouen. L’effort supplémentaire porte donc surtout sur la formation des équipes et les pratiques quotidiennes.
Qui vérifiera que les engagements sont tenus ?
Le vote du 8 octobre apporte une autre nouveauté : une instance chargée de suivre et d’évaluer l’avancement du programme.
Présidée par le maire ou son représentant, elle réunira huit représentants du conseil municipal, désignés à la proportionnelle. Cette composition doit permettre aux différentes sensibilités politiques de participer au suivi.
Mais le contrôle restera organisé au sein du conseil municipal. La délibération ne réserve aucun siège aux parents ni à des spécialistes indépendants, sans exclure leur éventuelle consultation. Elle ne précise pas non plus la fréquence des bilans ou les indicateurs qui permettraient d’apprécier les résultats.
Vérifier qu’une formation a été organisée est relativement simple. Établir que les agents savent mieux identifier une situation préoccupante, que les alertes circulent correctement et que les procédures sont effectivement appliquées demande un suivi plus exigeant.
La Ville devra encore préciser comment cette instance exercera sa mission.
Deux échéances pour compléter le plan
Une partie importante des décisions reste suspendue à l’audit engagé par la municipalité.
Ses premières conclusions avaient été présentées aux familles en juillet. Le rapport définitif, attendu le 6 novembre, doit notamment préciser comment adapter les locaux scolaires et les espaces de petite enfance pour améliorer leur sécurité.
Le coût de ces aménagements n’est pas encore fixé. Les 100 000 € prévus pour les formations ne comprennent pas ces éventuels travaux.
La Ville annonce une version finalisée de son plan pour le 17 décembre, qui devra préciser les mesures retenues après l’audit et leur mise en œuvre.
Les familles peuvent toujours signaler une inquiétude à la cellule d’écoute municipale. En décembre, elles devraient connaître plus précisément les mesures prévues pour les crèches, les écoles et les accueils de loisirs rouennais.