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À Rouen, la Métropole veut mettre 71 communes sur la même carte de la pluie

La Métropole Rouen Normandie a attribué l’étude d’un schéma commun des eaux pluviales pour 71 communes, afin d’harmoniser cartes, règles et choix d’aménagement.

Illustration - Carte stylisée des eaux pluviales rouennaises

La pluie ne se gère pas encore partout avec les mêmes cartes autour de Rouen. La Métropole vient d’attribuer à Setec Hydratec et Safege l’étude qui doit réunir les connaissances existantes, compléter les secteurs encore non étudiés et préparer un zonage commun aux 71 communes.

Le marché a été conclu le 30 juillet après réception de cinq offres. L’offre retenue est chiffrée à 309 810 euros HT dans un devis quantitatif estimatif non contractuel, contre une estimation initiale de 359 600 euros HT. Quatre étapes sont prévues : actualiser les études et projets de travaux existants, compléter les territoires non couverts, mettre l’ensemble en cohérence à l’échelle métropolitaine, puis produire un zonage des eaux pluviales et des propositions de règlement. La consultation envisageait 24 mois de travail ; l’avis d’attribution précise que le marché court de sa notification jusqu’à la validation du dernier rapport.

Ce besoin d’harmonisation vient de loin. Lors de l’élaboration du PLUi approuvé en 2020, la Métropole constatait elle-même que les données disponibles étaient « très différentes d’une commune à une autre ». À Saint-Aubin-Celloville, elle disposait ainsi d’un bilan hydrologique de 2004, d’une étude de bassin versant de 2010 et d’un schéma des eaux pluviales de 2018. À Notre-Dame-de-Bondeville, aucun schéma de ce type n’était alors recensé et la connaissance reposait notamment sur une étude locale de 2005. Le nouveau marché confirme que certains territoires restent à étudier en 2026, sans préciser lesquels.

Ces cartes ont une conséquence directe sur la façon de construire. Le règlement métropolitain prévoit que, lorsqu’un schéma directeur existe, les rejets doivent respecter les débits qu’il fixe et que certains secteurs peuvent n’autoriser aucun rejet. En son absence, le règlement applique notamment une limite de 2 litres par seconde et par hectare aménagé vers un exutoire, portée à 10 litres en cas de rejet direct dans la Seine. L’infiltration sur place reste privilégiée lorsqu’elle est techniquement possible.

Le futur schéma organisera donc, secteur par secteur, les choix entre plusieurs réponses : laisser davantage d’eau pénétrer dans le sol, la stocker pour ralentir son évacuation, encadrer les futurs aménagements ou programmer des ouvrages. Le Code général des collectivités territoriales prévoit précisément que le zonage identifie les endroits où l’imperméabilisation et les débits de ruissellement doivent être maîtrisés, ainsi que ceux où des installations de collecte ou de stockage sont nécessaires.

L’étude intervient alors que le PLUi fait lui-même l’objet d’une révision générale, engagée depuis 2022 avec parmi ses objectifs l’adaptation au changement climatique et une meilleure prise en compte des risques. Elle ne traite pas le même phénomène que les débordements de Seine étudiés cet été entre Val-de-la-Haye et Jumièges : ici, le point de départ est l’eau qui tombe sur les toitures, les rues, les parkings et les terrains à bâtir.

Le devis quantitatif estimatif de l’offre retenue chiffre l’étude à 309 810 euros HT, sans constituer un montant contractuel définitif. Son résultat dira justement où les 71 communes peuvent retenir cette eau sur place, où elles doivent en limiter l’écoulement et où il faudra construire pour qu’elle trouve un autre chemin.

Sources consultées
  1. BOAMPElaboration du schéma directeur de gestion des eaux pluviales de la Métropole Rouen Normandie — avis d’attribution n°26-89291
  2. BOAMPAvis de marché n°26-7731 du 22 janvier 2026
  3. Métropole Rouen NormandiePLUi — État initial de l’environnement, livre 3
  4. Métropole Rouen NormandiePLUi — règlement écrit, livre 1
  5. LégifranceArticle L2224-10 du Code général des collectivités territoriales