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Entre Tourville et Belbeuf, La Seine à Vélo quitte peu à peu la carte

Un marché de 5,4 millions d’euros hors taxes prépare une nouvelle phase de travaux sur La Seine à Vélo entre Tourville, Gouy et Belbeuf.

Cyclistes sur les berges de Seine

Sur une carte, la Seine file tranquillement de Tourville-la-Rivière à Belbeuf. À vélo, c’est moins simple. Il y a les morceaux déjà praticables, les passages où l’on hésite, les routes départementales, les accès à la base nautique, et cette traversée de Saint-Adrien où l’espace manque pour faire disparaître complètement la chaussée.

Un avis de marché publié le 20 mai montre que ce tronçon de La Seine à Vélo passe dans une phase plus opérationnelle. La Métropole Rouen Normandie lance deux lots de travaux sur le secteur amont: le premier entre Tourville-la-Rivière et Gouy, le second entre Gouy et Belbeuf. Les entreprises ont jusqu’au 22 juin 2026 à 16 heures pour répondre. Le début d’exécution est prévu au 1er septembre 2026, pour une durée estimée à 18 mois. Montant annoncé: environ 5,4 millions d’euros hors taxes.

Cela ne veut pas dire que la piste ouvrira demain matin. C’est un chantier qui se prépare, pas un ruban que l’on coupe. Mais l’avis a le mérite de rendre visible un morceau précis d’un itinéraire souvent résumé trop vite à son ambition touristique.

Dans la métropole rouennaise, La Seine à Vélo représente 110 kilomètres entre Saint-Pierre-lès-Elbeuf et Le Trait. La section centrale entre Belbeuf et La Bouille est déjà réalisée. Le secteur amont, lui, reste à compléter. Le marché concerne donc plus qu’un tronçon touristique: il ne s’agit pas seulement d’aider les cyclistes au long cours à rejoindre la mer, mais de raccorder des communes, des berges, des loisirs et des trajets locaux qui existent déjà, parfois sans itinéraire franchement confortable.

La concertation menée par la Métropole avait fait ressortir ce besoin très concret. Le projet prévoit notamment un aménagement cyclable en site propre le long de la RD7 puis de la RD6015 jusqu’à la base nautique de Belbeuf, avec une connexion à la piste existante vers Rouen. À Saint-Adrien, où l’emprise disponible est plus contrainte, la traversée doit rester sur chaussée, avec un apaisement annoncé de l’espace.

Une véloroute se joue aussi dans ces détails. Une ligne continue sur un plan ne suffit pas. Pour qu’un habitant l’utilise sans hésiter, il faut savoir où il traverse, où il est séparé des voitures, où il peut rouler avec un enfant, et où il devra encore partager la route en serrant un peu les épaules.

Le chantier ne règlera pas à lui seul toute la question du vélo autour de Rouen. Mais entre Tourville, Gouy et Belbeuf, il peut transformer un itinéraire théorique en trajet que l’on prépare moins, et que l’on emprunte plus volontiers. Pour une véloroute, c’est déjà une belle promotion: passer du PDF à la balade.