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À Sandouville, l’air mesuré près de l’atelier peinture de Renault reste rassurant

Atmo Normandie a mesuré en 2025 huit COV autour de Renault Sandouville. Les niveaux sont faibles près des habitations.

Atelier peinture industriel près de Sandouville

À Sandouville, la question tient dans un geste très ordinaire: peindre un véhicule. Dans l’atelier, il y a des procédés, des solvants possibles, parfois des odeurs. Autour, il y a aussi Rogerville, des habitations, des salariés, et un estuaire industriel où l’air ne se juge pas à l’impression du moment.

Atmo Normandie a donc mesuré en 2025 huit composés organiques volatils autour de l’atelier peinture de Renault Sandouville. Ces COV sont des substances qui s’évaporent facilement et peuvent être liées, selon les cas, à des solvants, peintures, carburants ou activités industrielles. La campagne a duré six semaines, réparties entre juin, août, octobre et novembre, avec onze points de mesure: quatre près des zones habitées de Sandouville et Rogerville, sept en zone industrielle.

Le résultat est plutôt net. Près des habitations, les concentrations sont très faibles, souvent inférieures à 2 µg/m³, parfois non détectées. À proximité immédiate du site industriel, elles montent davantage lorsque l’usine fonctionne, notamment près de l’atelier peinture. Atmo relève par exemple des xylènes entre 8 et 12 µg/m³ sur les points les plus proches. Mais ces niveaux restent très en dessous des valeurs sanitaires de référence.

Ce constat est rassurant, à condition de ne pas lui faire dire plus qu’il ne dit. Il ne signifie pas que le sujet de l’air est réglé autour de Sandouville. Il montre plutôt que, pour ces composés-là, à ces endroits-là, pendant cette campagne-là, les niveaux mesurés ne dessinent pas d’alerte sanitaire. Dans une zone industrialo-portuaire comme celle du Havre, cette précision est utile: elle évite à la fois le soupçon réflexe et le communiqué trop confortable.

La force du suivi, c’est aussi la comparaison. Atmo observe ces composés autour de l’usine depuis 2004, avec d’autres campagnes en 2007, 2011, 2019 puis 2025. Les niveaux mesurés cette fois restent globalement proches de ceux de 2019. Certains marqueurs liés aux peintures à base solvantée augmentent un peu près de l’atelier, avant de diminuer vite avec la distance. Les marqueurs des peintures hydrodiluables, eux, sont rarement détectés.

À Sandouville, la conclusion tient donc en peu de mots: les mesures sont bonnes, et c’est précisément pour cela qu’elles servent. Dans un territoire industriel, la confiance ne se fabrique pas avec un grand “tout va bien”. Elle se construit avec des chiffres publics, répétés, localisés, lisibles. Après les grands inventaires d’émissions, ce type de suivi site par site rend l’air plus compréhensible. Moins spectaculaire qu’un panache de fumée, mais bien plus utile pour savoir où l’on en est.