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À Caucriauville, le tri alimentaire s’installe au pied des immeubles

À partir du 20 mai, 49 points de collecte des déchets alimentaires seront mis en service à Caucriauville.

Borne de tri alimentaire en ville

Le geste commence sous l’évier. On garde les épluchures, les restes de repas, le marc de café, les coquilles d’œuf. Puis, au moment de sortir, on descend le bioseau jusqu’à une borne marron. À Caucriauville, le tri alimentaire ne ressemble pas au composteur posé au fond du jardin. Il doit trouver sa place dans les cuisines d’appartement, les halls, les cheminements d’immeubles et les habitudes de tous les jours.

À partir du 20 mai 2026, Le Havre Seine Métropole mettra en service 49 points d’apport volontaire dans le quartier. Caucriauville rejoint Saint-François, la Mare Rouge, Bléville, le Grand Hameau, Thiers-Coty et Danton, déjà engagés dans ce déploiement. La Métropole vise l’équipement de ses 54 communes d’ici 2027.

La consigne est simple, mais le changement est réel. Sur le territoire communautaire, les déchets alimentaires représentent plus d’un tiers du bac gris: 16 000 tonnes par an, soit 65 kg par habitant. Mélangés aux ordures ménagères, ils partent encore à l’incinération, alors qu’ils sont composés à 80 % d’eau. Séparés, ils peuvent sortir de ce circuit.

À Caucriauville, cette collecte prend un sens particulier. Selon l’Agence d’urbanisme Le Havre Estuaire de la Seine, le quartier comptait 14 550 habitants en 2022. Plus de 90 % des logements y sont des appartements, et près de 72 % des résidences principales relèvent du parc social. Ici, le tri alimentaire ne peut pas reposer sur la solution individuelle du pavillon. Il doit être proche, lisible et assez propre pour devenir un geste normal, pas une bonne résolution de plus affichée dans un hall.

Les habitants pourront y déposer les déchets de cuisine: restes de repas, préparations, aliments périmés non consommés, épluchures, filtres à café, sachets de thé, coquilles d’œuf. Les emballages, eux, restent hors de la borne. C’est souvent là que le tri se gagne ou se perd: non dans le principe, mais au moment où l’on hésite, restes d’assiette à la main.

La Métropole prévoit aussi la distribution de bioseaux. Les habitants pourront en récupérer lors des rendez-vous d’information ou dans les points de retrait indiqués sur TriPratik, la carte pratique du service déchets. Six rendez-vous sont annoncés entre le 20 et le 27 mai, avec un premier passage avenue Vladimir-Komarov, pendant Caucri O’Vert, la journée citoyenne organisée sur la promenade de Caucriauville. D’autres temps d’échange sont prévus rue Édouard-Vaillant, avenue du 8-Mai-1945, sur le marché près de l’église Saint-Pierre, avenue du Canada et devant la maison municipale, rue Jules-Vallès.

Le dispositif sera jugé à des choses très concrètes: la distance jusqu’à la borne, la propreté des abords, la fréquence de collecte, la compréhension des consignes, le rôle des gardiens, des bailleurs et des voisins. Une borne trop loin ou mal utilisée renvoie vite les restes de cuisine dans le bac gris. Une borne proche, propre et comprise peut au contraire faire entrer le tri alimentaire dans la semaine sans bruit.

À Caucriauville, le test sera là: que le geste reste assez simple pour tenir un mardi soir, entre les courses à ranger, les enfants à coucher et les poubelles à descendre.