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Aux Hauts de Rouen, la future piscine passe aux devis et aux chantiers

Les marchés du futur centre aquatique des Hauts de Rouen avancent, dans un secteur privé de piscine de proximité depuis plusieurs années.

Illustration - bassin public en chantier

Du carrelage, des cloisons, de la métallerie, de la plomberie sanitaire, des réseaux à raccorder: le futur centre aquatique des Hauts de Rouen apparaît désormais sous sa forme la moins spectaculaire, mais la plus concrète. La Ville de Rouen cherche les entreprises qui construiront le site, avec plusieurs lots de travaux dont la date limite de remise des offres est fixée au 22 mai 2026.

Le chantier n’est pas encore visible. Mais le projet n’est plus seulement une perspective dessinée sur une page municipale. Il entre dans cette phase où une piscine se prépare par lots, délais, critères d’attribution et corps de métiers.

Le site prévu se trouve rue Jean-Philippe Rameau, sur une parcelle de 10 000 m², dans les Hauts de Rouen. Le programme annoncé par la Ville comprend un bassin sportif de six couloirs, un bassin de loisirs, une pataugeoire, un toboggan ou pentagliss selon les documents, des espaces de détente et un solarium. La piscine est pensée pour les scolaires et les loisirs, donc pour des usages très ordinaires: apprendre à nager, emmener les enfants, donner des créneaux aux clubs, retrouver une piscine proche de chez soi.

C’est ce manque qui donne son intérêt au marché public. Sur les plateaux nord-est, la piscine Salomon a fermé définitivement en 2014, pour des raisons de conformité et de dysfonctionnements techniques. La piscine Transat, à Bihorel, a fermé en 2016. Dans une délibération de 2022, la Ville constatait déjà un déficit d’offre aquatique dans ce secteur de l’agglomération, avec des créneaux scolaires reportés vers d’autres piscines.

Pour les écoles, une piscine proche change des plannings. Pour les clubs, elle ouvre des lignes d’eau. Pour les familles, elle ne comptera vraiment que si les horaires, les tarifs et l’accès suivent. Cette question a déjà été posée localement: lors d’une réunion publique sur Châtelet-Lombardie, des habitants avaient exprimé de fortes attentes autour de la future piscine, notamment sur une tarification accessible.

L’enjeu dépasse donc le bâtiment, sans qu’il soit besoin de lui prêter des miracles. Les Hauts de Rouen forment un quartier prioritaire de plus de 10 000 habitants, entre Rouen et Bihorel. Dans ce contexte, un centre aquatique n’a rien de décoratif. C’est un service public très lisible, immédiatement compris par les familles, les écoles et les associations.

La métropole elle-même affiche un retard à combler. Dans le contrat de territoire signé en novembre 2025 avec la Région Normandie, quatre constructions ou rénovations de piscines sont citées, dont celle des Hauts de Rouen. Le document donne un ordre de grandeur parlant: une piscine pour 30 000 habitants dans le territoire, contre une pour 15 000 en moyenne nationale.

Reste ce que les marchés ne disent pas encore: le coût actualisé, les entreprises retenues, les tarifs futurs, les créneaux accordés aux écoles et aux clubs, puis la date réelle d’ouverture. La Ville affichait une livraison prévue fin 2027. Les avis de travaux mentionnent une durée de vingt mois et un démarrage estimé au 1er octobre 2026 pour certains lots.

Pour l’instant, le centre aquatique des Hauts de Rouen tient dans des consultations et des lots techniques. C’est peu spectaculaire. Mais après des années sans piscine de proximité, le secteur voit enfin se préciser l’endroit, les usages attendus et les entreprises appelées à construire les bassins.