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À Criquetot-l'Esneval, le centre de recyclage passe au réemploi

À Criquetot-l'Esneval, la réouverture du centre de recyclage ajoute une recyclerie et éclaire le virage local vers le réemploi, au-delà du simple dépôt de déchets.

Illustration - recyclerie et objets réemployés

À Criquetot-l’Esneval, le centre de recyclage a rouvert le 13 avril après plus d’un an de travaux. Le Havre Seine Métropole y a engagé 4,033 millions d’euros. Le site a été reconstruit sur un modèle « à plat », plus simple pour les dépôts, avec des circulations revues, des équipements de compactage et une fosse de 450 m² pour les végétaux. Surtout, une recyclerie de 150 m² a été ajoutée à l’entrée.

C’est là que le lieu change de nature. On n’y vient plus seulement pour se débarrasser de quelque chose. On peut aussi y déposer ce qui peut encore servir : petit électroménager, vélos, meubles, livres, jouets, vaisselle, outils, textiles ou équipements médicaux. La métropole présente Criquetot comme la sixième recyclerie de son réseau. Les objets doivent ensuite repartir vers des associations partenaires et des circuits solidaires du territoire.

Le point n’est pas anecdotique. Dans son programme local déchets 2024-2029, Le Havre Seine Métropole affiche un objectif clair : une recyclerie par centre de recyclage. Elle prévoit 90 000 euros d’accompagnement financier par an pour certaines actions de réemploi, 35 400 euros de matériel et de communication sur l’action liée aux recycleries, ainsi qu’un suivi des tonnages réemployés et de la formation des agents. La collectivité vise aussi une baisse des déchets ménagers et assimilés de 647 kilos par habitant en 2021 à 511 kilos en 2030.

Le sujet touche aussi à la qualité du service dans un territoire périurbain. La métropole dit que chaque foyer dispose d’un centre de recyclage à moins de quinze minutes de son domicile. L’accès passe par la lecture de plaque d’immatriculation. Criquetot fait partie, avec Saint-Romain-de-Colbosc, des deux sites encore ouverts aux professionnels. En 2023, 55 000 ménages s’étaient inscrits pour accéder aux sept centres du territoire. La fréquentation est tombée à 557 554 passages, soit 23 % de moins qu’en 2022, baisse que la métropole relie au contrôle d’accès. La même année, 2 500 tonnes de gravats auparavant enfouies ont été réorientées vers des plateformes routières.

Ce qui se joue à Criquetot dépasse donc une inauguration locale. L’Agence de la transition écologique rappelle un objectif national de 5 % de réemploi et de réutilisation des déchets ménagers d’ici 2030. Or la France reste en retard sur plusieurs maillons du tri et de la valorisation : en 2022, le recyclage des déchets non minéraux non dangereux atteignait 48 %, encore loin de la cible de 65 % fixée pour 2025, et le plastique restait à 20 %. À Criquetot, l’enjeu est concret : voir combien d’objets sortiront réellement de la benne pour revenir dans l’usage.