HAROPA ouvre ses sites au public: en Seine-Maritime, le port devient enfin plus lisible
Le 25 avril, HAROPA PORT organise une journée Port[e]s ouvert[e]s avec deux croisières commentées en Seine-Maritime. Au Havre, les créneaux sont déjà complets. À Rouen, il reste des places, avec départs au quai de Boisguilbert et réservation ouverte jusqu’au 22 avril. Ce n’est pas un simple rendez-vous de week-end. Dans un département structuré par les quais, les terminaux, les silos et les zones industrielles, ces visites donnent accès à un monde que beaucoup croisent sans vraiment le connaître.
HAROPA n’est pas un acteur local parmi d’autres. C’est le premier ensemble portuaire français, né de la fusion du Havre, de Rouen et de Paris. En 2025, il a traité 84,7 millions de tonnes de marchandises, dont un record de 3,2 millions de conteneurs standard. Le groupe met aussi en avant plus de 160 000 emplois liés à l’axe Seine. Quand le port accélère, ralentit ou change de cap, cela touche bien plus que les métiers portuaires. Cela pèse sur l’emploi, les investissements, l’approvisionnement et une partie du poids économique de la Seine-Maritime.
Les deux croisières racontent d’ailleurs deux réalités différentes. Au Havre, on entre par la grande porte maritime, celle des conteneurs et de Port 2000, principal outil français pour les grands flux maritimes. À Rouen, on voit un port intérieur, fluvial et maritime à la fois, adossé à la grande plaine céréalière. HAROPA rappelle que Rouen représente 50 % des exportations maritimes françaises de blé et d’orge et 15 % des exportations européennes de céréales, avec 7,5 millions de tonnes exportées en moyenne chaque année. Le port n’est donc pas seulement une affaire de commerce mondial. Il relie aussi très directement agriculture, fleuve, entrepôts et navires.
Cette ouverture dit autre chose encore. Un port moderne transforme profondément son territoire, mais il devient souvent moins lisible pour ceux qui vivent à côté. C’est pour combler cet écart que Le Havre a développé son Port Center, au terminal de la Citadelle, un lieu consacré aux métiers, aux activités et aux mutations industrialo-portuaires. L’enjeu est simple: rendre visible ce qui structure la ville sans toujours se laisser comprendre. Dans une époque où le port concentre à la fois promesses d’activité, tensions écologiques et questions d’aménagement, cette pédagogie n’a rien d’accessoire.
La journée du 25 avril ne résout évidemment pas ces tensions. Elle a un mérite plus concret: elle permet de sortir des slogans et de regarder le port pour ce qu’il est vraiment, un outil économique massif, en transformation, qui continue d’organiser une part du territoire. À Rouen, il reste des places. Pour une fois, la meilleure façon de comprendre le port est simplement d’aller le voir.