À Port-Jérôme, le nouveau service d’avitaillement lancé autour de la raffinerie North Atlantic n’a rien d’un grand basculement. Mais il dit quelque chose de très concret sur le site. Le 26 février, le tanker FUJI LAVA a été ravitaillé au poste PJ2M par une barge d’Atlantic Energy. HAROPA présente l’opération comme le lancement d’un service destiné aux navires qui transitent sur la Seine. En clair, Gravenchon ne veut plus seulement raffiner. Le site veut aussi prendre une place dans le service portuaire.
L’idée est simple: faire gagner du temps aux armateurs en leur permettant de prendre leur carburant directement à quai. Atlantic Energy propose déjà ce type d’avitaillement à Rouen et au Havre, 24 heures sur 24, avec des livraisons de 10 à 880 m³ de gasoil marin léger à 0,10% de soufre. Sur l’axe Seine, ce n’est pas un détail. HAROPA a traité 84,7 millions de tonnes de trafic maritime en 2025. Quand un corridor de cette taille ajoute un service qui évite une escale ou un détour, ce n’est pas spectaculaire, mais c’est utile.
Le moment rend ce mouvement plus parlant. Depuis la guerre autour de l’Iran, le ministère français de l’Énergie étudie la possibilité d’augmenter la capacité des cinq raffineries du pays, avec une attention particulière pour les carburants et le diesel. Avant le début du conflit, la France importait environ la moitié du diesel qu’elle consommait. Cela ne transforme pas à lui seul Port-Jérôme en pivot national. Mais cela redonne du poids à tout ce qui peut renforcer un grand site de raffinage déjà présenté comme représentant plus de 20% de la capacité française.
Il ne faut pas raconter autre chose que ce qu’on voit. Ce nouveau service ne prouve ni une révolution verte ni un changement d’échelle déjà acquis. Il montre plus simplement une raffinerie qui essaie d’élargir sa fonction dans la chaîne logistique de la Seine. Dans le contexte actuel, c’est déjà un sujet sérieux.