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Frelon asiatique: pourquoi le repérage précoce redevient un sujet très concret en Seine-Maritime

Au printemps, le frelon asiatique est encore gérable. En Seine-Maritime, signalement, intervention et coût varient encore selon l’adresse.

Illustration - Frelon asiatique

En Seine-Maritime, le bon moment pour repérer un nid de frelon asiatique, c’est maintenant. Au printemps, la fondatrice construit un nid primaire de petite taille, souvent sous une toiture, dans un abri ou contre un bâtiment. C’est la phase où l’espèce reste la plus facile à contenir. Plus tard, dans la majorité des cas, la colonie se déplace vers un nid secondaire, souvent haut dans un arbre, bien plus difficile à localiser et à détruire.

Encore faut-il savoir ce qu’on cherche. Le frelon asiatique, ou frelon à pattes jaunes, est plus petit que le frelon européen, avec un thorax noir, un abdomen sombre marqué d’une large bande jaune-orangé et les extrémités des pattes jaunes. Sa piqûre n’est pas, à elle seule, plus dangereuse que celle d’une guêpe ou d’une abeille, sauf en cas d’allergie. Le vrai risque, c’est le nid. On ne le décroche pas soi-même, on ne le traite pas à l’aveugle, et on n’appelle pas les secours hors danger immédiat. La plateforme départementale frelonasiatique76.fr oriente les particuliers vers les bons circuits.

En Seine-Maritime, le point le plus concret est celui-ci: le frelon est partout, mais le signalement, l’intervention et le reste à charge dépendent encore de l’adresse. Au Havre, la Ville prend en charge les nids situés sur l’espace public, tandis que les particuliers sont renvoyés vers la plateforme départementale pour le domaine privé. Dans la métropole rouennaise, le Département finance 30 % du coût dans la limite de 30 euros, et la Métropole peut ajouter une participation du même niveau. Autrement dit, deux habitants confrontés au même nid ne suivront pas forcément le même parcours, ni ne paieront la même chose.

Le sujet dépasse donc largement le simple inconfort d’un jardin. Le frelon asiatique est désormais présent sur l’ensemble du territoire métropolitain, au point que l’État a lancé fin mars un plan national de lutte. L’espèce prélève des abeilles domestiques, mais aussi d’autres insectes pour nourrir ses larves. Pour l’apiculture comme pour la biodiversité ordinaire, la pression s’ajoute à d’autres fragilités déjà installées. Une fois l’espèce fixée, l’éradication n’est plus réaliste. Le levier le plus crédible reste la destruction précoce des nids.

Au printemps, tout se joue donc sur peu de chose: repérer tôt, signaler vite, ne pas intervenir seul.