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Betteraves : en Seine-et-Marne, certaines parcelles pourraient rester en terre

Les premiers arrachages confirment des pertes atteignant localement 70 %. Dans les parcelles les plus atteintes, la question est désormais de savoir s’il faut encore récolter.

Illustration - champ de betteraves dégradé

Les premiers arrachages de betteraves ont commencé en Seine-et-Marne. Dans des parcelles visitées le 17 septembre près de Bray-sur-Seine, la Confédération générale des planteurs de betteraves fait état de pertes de rendement atteignant localement 70 %. Elle estime aussi que des milliers d’hectares pourraient ne pas être récoltés, sans ventiler ce chiffre par département.

C’est le seuil qui distingue cette rentrée de l’alerte publiée fin août. À l’époque, sécheresse, teignes, charançons et Rhizopus annonçaient une récolte très dégradée. Les premiers chantiers posent désormais une question plus radicale : faut-il arracher toutes les parcelles ?

La CGB pose elle-même la question, avec deux autres incertitudes étroitement liées : dans quel état les betteraves pourront-elles être conservées en silo, puis reçues et transformées par les sucreries ? Une racine fortement atteinte n’est donc pas seulement une racine qui pèse moins. Sa dégradation peut compromettre toute la suite de la récolte, de l’arrachage à l’usine.

Les observations de l’Institut technique de la betterave expliquent comment certaines parcelles en sont arrivées là. Au 10 septembre, la Seine-et-Marne faisait partie, avec l’Yonne, l’Essonne et l’Aube, des départements présentant les biomasses foliaires les plus faibles de son réseau. En Île-de-France, des dégâts frais de teignes étaient observés dans 18 parcelles suivies sur 19, du Rhizopus dans les 17 parcelles renseignées et des symptômes de charançon dans 11 parcelles sur 12. Le manque d’eau affaiblit la plante ; les blessures provoquées par les ravageurs facilitent ensuite l’entrée du Rhizopus, responsable de pourritures de la racine.

La betterave occupait 25 710 hectares en Seine-et-Marne en 2024, soit 7 % de la surface agricole utile. C’est de loin le premier département betteravier d’Île-de-France.

Après plusieurs mois de charges engagées, l’état final des racines peut encore conduire à renoncer à les sortir du sol. La CGB demande d’ailleurs aux groupes sucriers de permettre la réception du maximum de betteraves.

Le nombre d’hectares qui resteront réellement en terre en Seine-et-Marne n’est pas encore consolidé. Dans les champs les plus touchés, la campagne ne se décide plus seulement en tonnes perdues. Elle se décide désormais, parcelle par parcelle, au moment de faire entrer ou non l’arracheuse.

Sources consultées
  1. Confédération générale des planteurs de betteravesRécolte 2026 : la betterave sucrière face à une nouvelle crise majeure
  2. Institut technique de la betteraveTour de plaine - 10 septembre 2026
  3. DRIAAF Île-de-FranceMémento 2025 Île-de-France