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À Claye-Souilly, 1 600 tonnes ont glissé sous la RN3

Construit à côté de la nationale puis déplacé sous la chaussée, l’ouvrage marque une avancée visible de la future liaison routière attendue en 2030.

Illustration - ouvrage glissé sous la RN3

Mardi 4 août, un ouvrage en béton de 1 600 tonnes a été déplacé sous la RN3 à Claye-Souilly. Long de 43 mètres, il a parcouru 53 mètres jusqu’à son emplacement définitif, où la future Liaison routière de l’Est francilien passera sous la nationale. La préfecture a confirmé la réussite de cette phase délicate, réalisée en quelques heures.

La manœuvre explique pourquoi la RN3 est fermée pendant quatre jours. Le pont avait été construit à côté de la route. Il a fallu retirer la chaussée, creuser son passage, le faire glisser, puis remblayer et refaire l’enrobé et la signalisation. La fermeture avait été annoncée dès le mois de juin. La réouverture reste prévue vendredi 7 août à midi.

Ce bloc désormais enfoui est l’un des neuf ouvrages d’art prévus sur la nouvelle route. Le projet doit créer environ six kilomètres à 2x2 voies entre la RD212, du côté de Compans, et la RN3 à Claye-Souilly, en passant par Gressy et Messy. Son coût est estimé à 130 millions d’euros hors taxes et sa mise en service à 2030. La Région apporte 65 millions d’euros; le Département finance l’essentiel du solde, avec la participation de Groupe ADP et de l’agglomération Roissy Pays de France.

Six kilomètres peuvent sembler modestes. Ils traversent pourtant un territoire déjà quadrillé par la RN3, des routes départementales, des voies ferrées et la vallée de la Beuvronne. Le programme comprend notamment un viaduc pour franchir la rivière sans la barrer par un remblai. Cette accumulation de croisements, de raccordements et de contraintes hydrauliques contribue à expliquer le nombre d’ouvrages et le coût du chantier. Le tracé doit composer avec les réseaux et les milieux déjà présents.

La liaison devait d’abord compter une voie dans chaque sens. Elle est passée à 2x2 voies grâce au financement régional, à la demande des élus locaux. Les maîtres d’ouvrage annoncent un trajet Meaux-Roissy ramené de 45 à 30 minutes et une baisse de 40 % du trafic sur la RD212 à l’horizon 2040. Ce sont des prévisions de projet, pas encore des résultats. Le passage à 2x2 voies traduit le choix d’offrir d’emblée davantage de capacité à cet axe.

La réussite du ripage ne signifie pas que l’ouverture est proche, mais elle donne une forme matérielle à un chantier longtemps resté abstrait. À la réouverture prévue de la RN3, les automobilistes retrouveront une chaussée refaite. Sous leurs roues, l’ouvrage de 1 600 tonnes sera déjà en place; la liaison, elle, reste annoncée pour 2030.

Sources consultées
  1. Préfecture de Seine-et-MarnePublication sur le ripage de l’ouvrage sous la RN3
  2. Direction des routes d’Île-de-FranceRetrouvez les travaux en cours sur le réseau routier de la DiRIF
  3. Département de Seine-et-MarneLiaison routière de l’Est francilien : les travaux sont lancés
  4. Région Île-de-FranceConvention de financement de la Liaison routière de l’Est francilien, seconde phase