
Depuis le 5 novembre 2024, les véhicules motorisés ne peuvent plus traverser Paris Centre sans y avoir de destination. Le premier bilan d’Airparif apporte désormais un chiffre : entre 2023 et 2025, le trafic a reculé de 18 % dans la zone à trafic limité, davantage que dans les secteurs plus éloignés de l’hypercentre, où la baisse atteint 10 à 12 %. La ZTL couvre les quatre premiers arrondissements et, près de deux ans après son lancement, aucune verbalisation n’est encore mise en œuvre.
Airparif ne peut toutefois pas attribuer à la seule ZTL l’ensemble de ces 18 %. L’étude mesure l’évolution du trafic entre 2023 et 2025 dans une capitale où la circulation automobile baissait déjà fortement : en 2025, elle était inférieure d’environ 60 % à son niveau de 2002 dans Paris intra-muros. La ZTL s’ajoute donc à une transformation engagée bien avant son entrée en vigueur.
Sur le dioxyde d’azote, très lié au trafic routier, la baisse de circulation devient mesurable dans l’air. Airparif évalue à environ 1 µg/m³ la diminution moyenne des concentrations de NO₂ associée à la réduction du trafic dans Paris. Là où les flux ont davantage chuté, le bénéfice est plus marqué : boulevard Morland, dans le 4e arrondissement, la circulation a baissé de 40 % et le NO₂ de 2 à 5 µg/m³.
Des reports apparaissent toutefois sur certains axes autour du périmètre. Airparif relève ainsi davantage de circulation sur les boulevards Bonne-Nouvelle et Saint-Germain. Sur ces axes, cette hausse ne s’est pas accompagnée d’une dégradation mesurable de la qualité de l’air, la baisse générale de la pollution de fond compensant l’effet local du trafic.
Pour les particules, l’effet est plus limité. Airparif juge leur évolution beaucoup plus faible, car elles proviennent d’un éventail de sources bien plus large que le seul trafic routier. Réduire la circulation automobile agit donc plus directement sur le NO₂ que sur les concentrations de particules.
Ce premier bilan complète celui de la ZFE du Grand Paris, mais les deux dispositifs n’actionnent pas le même levier : la ZFE trie les véhicules selon leurs émissions, tandis que la ZTL filtre les trajets selon leur destination. Dans Paris Centre, le résultat apparaît désormais rue par rue : une baisse de circulation plus forte que dans les autres zones étudiées, un gain sensible de NO₂ sur certains axes et quelques flux déplacés vers les boulevards qui ceinturent la zone.