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ZFE du Grand Paris : ce que les nouveaux chiffres permettent vraiment de lui attribuer

Dans la ZFE du Grand Paris, les voitures Crit’Air 1 ou électriques sont passées de 9,8 % du parc en 2015 à 48,6 % en 2025. Mais la ZFE n’explique qu’une partie du mouvement.

Illustration de la ZFE du Grand Paris

Dans les 77 communes de la ZFE du Grand Paris, le parc automobile a changé à grande vitesse. Les voitures Crit’Air 1 ou électriques représentaient 9,8 % du parc en 2015. Elles en constituent 48,6 % en 2025, selon une étude publiée le 27 août par l’Insee.

Dans le même périmètre, les émissions estimées d’oxydes d’azote des voitures ont reculé de 57,4 % entre 2014 et 2024. À lui seul, ce chiffre pourrait faire croire à un bilan de la ZFE. L’Insee se garde pourtant de faire ce calcul.

La Métropole du Grand Paris est même exclue de l’estimation causale principale de l’étude. Son territoire, sa taille et les caractéristiques de son parc automobile la rendent trop différente des zones sans ZFE utilisées comme points de comparaison. Les chercheurs peuvent donc constater le renouvellement du parc francilien, mais pas attribuer ses 57,4 % de baisse des NOx à la seule réglementation métropolitaine.

Une grande partie de la transformation aurait eu lieu de toute façon. Les voitures anciennes disparaissent progressivement dans toute la France, les normes européennes ont réduit les émissions des modèles récents et l’électrification progresse. Dans neuf autres ZFE étudiées par l’Insee, les émissions de NOx diminuent de 38,9 % sur cinq ans. L’effet propre des ZFE représente 4,6 points de cette baisse. Elles accélèrent le mouvement sans en être le moteur principal.

Pour le Grand Paris, Airparif fournit un autre ordre de grandeur. Entre 2017 et 2023, l’organisme estime que les émissions de NOx du trafic routier ont baissé de 42 %. Environ 6 points seraient liés aux étapes successives de la ZFE. Pour les particules fines PM2,5, 3 points sur une baisse totale de 32 % sont attribués au dispositif.

Les deux travaux aboutissent ainsi à la même conclusion générale : la ZFE a un effet mesurable, mais minoritaire dans la baisse totale. Elle pousse certains ménages ou entreprises à remplacer plus tôt un véhicule, à renoncer à certains trajets ou à anticiper une restriction future. Dans le Grand Paris, ce mécanisme fonctionne actuellement avec de nombreuses dérogations, des aides au remplacement et une période sans verbalisation prolongée pendant toute l’année 2026.

Le périmètre lui-même dit pourquoi la règle est métropolitaine. Les 77 communes concernées se répartissent entre Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Les trajets et leurs émissions traversent quotidiennement les limites départementales. Depuis janvier 2025, le dispositif concerne aussi les véhicules Crit’Air 3.

Le débat politique sur les ZFE a failli mettre fin à cette expérience. Leur suppression avait été votée au Parlement au printemps 2026, avant que le Conseil constitutionnel ne censure cette disposition pour un motif de procédure, sans trancher le fond de la politique.

Dans l’intra-A86, le parc s’est fortement renouvelé et les émissions ont reculé. La ZFE y contribue, mais les meilleures estimations disponibles lui attribuent un rôle d’accélérateur plutôt que celui de cause principale. Dans les 77 communes concernées, elle accélère donc un renouvellement beaucoup plus large qu’elle.

Sources consultées
  1. InseeLes ZFE renforcent le verdissement du parc automobile et contribuent au recul de ses émissions polluantes
  2. AirparifLa nouvelle étape de la zone à faibles émissions – mobilité métropolitaine va améliorer la qualité de l’air
  3. Métropole du Grand ParisLa Zone à Faibles Emissions métropolitaine
  4. Conseil constitutionnelDécision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026