
La transformation de la tour Montparnasse telle qu’elle était préparée depuis près de dix ans ne démarrera pas. Réunis mercredi 23 septembre, les copropriétaires ont rejeté à plus de 76 % la résolution permettant de signer le marché de désamiantage, de curage et de dépose partielle de la façade. Cette première tranche devait enclencher un programme désormais estimé à environ 800 millions d’euros. La Ville de Paris a pris acte dans la soirée de la décision des propriétaires de ne pas donner suite au projet actuel.
Le calendrier donne au vote une portée particulière. Le permis de construire délivré en 2019 n’a jamais été mis en œuvre et reste valable jusqu’au 26 novembre 2026, une date confirmée par les documents d’urbanisme de la Ville. Le démarrage du chantier devait permettre d’utiliser cette autorisation avant son expiration. Sans cette première phase, le projet dessiné par Nouvelle AOM ne pourra donc plus avancer sous son permis actuel.
Le blocage est surtout révélateur du fonctionnement de cette tour. L’immeuble appartient à 34 copropriétaires privés, parmi lesquels LFPI, la MGEN et Axa. Autrement dit, disposer d’un permis et d’un projet architectural ne suffisait pas : il fallait encore que des propriétaires aux intérêts différents acceptent collectivement la facture et les opérations immobilières nécessaires à sa réalisation. LFPI, qui détient près de 30 % de la tour, avait retiré son soutien pendant l’été. La MGEN, Axa et Icade ont également voté contre la résolution de septembre.
Le budget est passé d’environ 400 à 800 millions d’euros. Il ne s’agissait plus simplement de refaire une façade : le projet prévoyait notamment un hôtel, de nouveaux commerces et services, ainsi qu’une serre au sommet de la tour. Les échanges de surfaces nécessaires entre copropriétaires avaient eux aussi nourri les désaccords. Après des années de préparation, le projet disposait donc d’une autorisation d’urbanisme, mais plus d’un accord économique suffisant entre ses propriétaires.
La tour n’est pas pour autant condamnée à rester en l’état. Le nouveau conseil syndical veut travailler sur une rénovation moins ambitieuse et déposer un nouveau permis. Parmi les pistes évoquées figurent le remplacement de la façade, la mise en conformité, le désamiantage et le curage, sans l’hôtel ni la serre du projet actuel. Mais ce nouveau programme n’est encore ni arrêté ni voté. Une prochaine assemblée générale pourrait en revanche être appelée à autoriser séparément le curage et le désamiantage.
Le changement est net depuis notre article de juillet : une première phase restait alors envisageable malgré les divisions internes. Le vote du 23 septembre ferme cette voie. Il complique aussi la restructuration distincte du centre commercial, dont les études avaient été conçues avec la tour rénovée dans sa configuration Nouvelle AOM. Pour la tour elle-même, un prochain chantier pourrait donc commencer beaucoup plus modestement que prévu, par le curage et le désamiantage d’un immeuble déjà fermé à ses occupants depuis le 31 mars.
Sources consultées
- Ville de Paris2025 DU 209 - Modernisation et transformation de l’Ensemble Immobilier de la Tour Maine-Montparnasse
- AFPTour Montparnasse : le projet de rénovation tombe à l’eau
- Le MondeLes copropriétaires de la tour Montparnasse rejettent le lancement des travaux de rénovation
- Le ParisienLe projet de transformation de la Tour Montparnasse abandonné