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Devant le Samusocial, 350 personnes rendent visible la pénurie de places d’hébergement

Près de 350 personnes, dont 140 enfants, dorment avenue Courteline. Le campement révèle surtout le manque de places d’hébergement continues.

Illustration - Campement devant le Samusocial parisien

Près de 350 personnes, dont 140 enfants, dorment désormais sur le parvis et dans les locaux du Samusocial de Paris, avenue Courteline, dans le 12e arrondissement. Le 16 juillet, au lendemain du début de l’occupation, près de 200 personnes étaient déjà présentes. La Ville demande maintenant à l’État d’organiser la mise à l’abri de l’ensemble du campement et se dit prête à prendre en charge les personnes les plus vulnérables.

Le 17 juillet, La Clé Publique racontait comment la file d’attente du 115 était sortie du téléphone. Son agrandissement révèle plus précisément où le dispositif se bloque.

Le 115 ne dispose pas d’une réserve de chambres qu’il pourrait ouvrir sur demande. Placé sous l’autorité de l’État et organisé à Paris par le Service intégré d’accueil et d’orientation, il écoute, évalue les situations et propose un hébergement en fonction des places disponibles.

En 2025, le numéro parisien a reçu en moyenne 3 132 appels par jour et en a traité 742 selon le décompte du Samusocial, soit moins d’un sur quatre. Le Samusocial attribue cette saturation au nombre insuffisant d’écoutants. Mais son site précise également que les besoins d’hébergement dépassent largement le nombre de places. Répondre à davantage d’appels réduirait donc l’attente téléphonique sans garantir un toit à ceux qui parviennent enfin à joindre le service.

Les solutions proposées montrent cette fragilité. À Paris, une place obtenue par le 115 peut être attribuée pour une nuit ou une semaine, sans garantie de renouvellement. Les familles sont souvent orientées vers des chambres d’hôtel réparties dans toute l’Île-de-France. La Ville indique que certaines personnes du campement se sont aussi vu proposer des sas régionaux, qu’elle juge trop temporaires.

L’occupation se déroule aux côtés de salariés du Samusocial en grève depuis le 23 juin. Ils demandent notamment l’arrêt des « fins de prise en charge », autrement dit des interruptions d’hébergement qui peuvent renvoyer des familles vers la rue. Leur mouvement et le campement exposent la même limite : le 115 peut hiérarchiser les détresses, mais la priorité accordée à une famille avec enfants ne crée pas la place nécessaire pour l’accueillir.

Le campement n’est pas un cas isolé à Paris. Dans la nuit du 22 au 23 janvier 2026, 3 858 personnes sans solution d’hébergement ont été décomptées dans la capitale, 10 % de plus qu’un an auparavant, alors même que le plan Grand Froid était actif. La part des personnes rencontrées en groupe est passée de 36 à 42 %, et près d’une sur cinq se trouvait dans un rassemblement d’au moins vingt personnes.

Avenue Courteline, l’urgence est de trouver une solution pour les 350 occupants. Mais vider durablement le parvis suppose des places qui tiennent plus longtemps qu’une nuit, une semaine ou un passage dans un sas. Sans cette continuité, le campement pourra être déplacé ; la file d’attente, elle, restera ouverte.

Sources consultées
  1. Ville de Paris, Paris Presse350 personnes à la rue devant le Samu Social de Paris : la Ville appelle l’État à agir sans délai pour des solutions d’hébergement d’urgence
  2. Samusocial de Paris115.paris
  3. Le Parisien« Nous ne lâcherons rien » : à Paris, 200 sans-abri campent devant le Samusocial pour exiger un toit
  4. Ville de ParisNuit de la Solidarité 2026 : 3 858 personnes sans solution d’hébergement décomptées