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Loon-Plage : 1 300 MW réservés avant même le choix du projet

À Loon-Plage, l’État réserve 1 300 MW de capacité électrique avant même le choix de l’industriel qui pourra l’utiliser, pour accélérer les futures implantations.

Réseau électrique industriel à Loon-Plage

À Loon-Plage, l’État vient de pré-réserver 1 300 MW de capacité électrique dans la Zone Industries Avenir du Grand Port maritime de Dunkerque. La réservation court depuis le 17 septembre pour neuf mois au maximum. À Bourbourg, les 700 MW déjà mis de côté bénéficient en parallèle de trois mois supplémentaires. Au total, 2 000 MW sont donc actuellement pré-réservés pour deux sites industriels du Dunkerquois.

À Loon-Plage, ces 1 300 MW ne sont pourtant attribués à aucun projet industriel. C’est précisément l’intérêt du dispositif « fast-track » : préparer la capacité électrique en même temps que le terrain, sans attendre de connaître le futur occupant.

Une fois un site validé par l’État, RTE pré-réserve sa puissance et la place immédiatement dans sa file d’attente. Un processus de sélection du lauréat est ensuite lancé par l’aménageur et les collectivités territoriales. Les propositions techniques et financières déjà acceptées ne sont pas remises en cause, mais les nouvelles études doivent considérer cette capacité comme indisponible. Pendant quelques mois, Loon-Plage a donc déjà sa place dans le réseau avant d’avoir son industriel.

Cette logique prolonge le chantier électrique engagé autour de Dunkerque. La construction du futur poste de Puythouck et des nouvelles lignes à 400 000 volts doit préparer le réseau aux prochaines implantations. La CRE a autorisé RTE à anticiper 312 millions d’euros de travaux afin d’ouvrir 5 200 MW de capacité d’accueil dans la zone à partir de 2029.

L’écart avec les raccordements déjà engagés mesure l’ampleur de cette anticipation. En janvier 2026, la CRE relevait 1 615 MW de propositions techniques et financières signées. Des solutions limitées à environ 3 000 MW avaient été étudiées, puis écartées car elles coûtaient à peine moins cher. Le réseau est donc volontairement dimensionné pour accueillir des projets qui ne sont pas encore tous connus.

Le « fast-track » pousse désormais cette anticipation jusqu’à l’attribution de la capacité elle-même. Pour ces sites, RTE annonce des délais de raccordement inférieurs à quatre ans à compter de l’acceptation de l’engagement de raccordement, là où attendre le projet avant de lancer les adaptations du réseau ferait perdre plusieurs années.

Cette avance a une contrepartie : pendant la réservation, les 1 300 MW de Loon-Plage ne peuvent pas être promis à un autre demandeur encore en instruction. Le mécanisme est donc limité dans le temps. Après neuf mois, une prolongation de trois mois n’est possible que si la sélection du projet est toujours en cours. Et si le lauréat utilise finalement moins de puissance que prévu, le reliquat retourne dans la capacité disponible.

Dunkerque ne construit donc plus seulement ses lignes électriques avant les prochaines usines. À Loon-Plage, il réserve désormais les mégawatts avant les murs.

Sources consultées
  1. RTEValidation par l’Etat de deux nouveaux sites "fast-track" à Dunkerque et Bure/Saudron, et prolongation d'un site existant
  2. RTERaccorder une installation au RPT
  3. Commission de régulation de l'énergieDélibération n° 2026-21 du 27 janvier 2026 sur la zone de mutualisation de Dunkerque