
À Grande-Synthe, le futur poste électrique du Puythouck occupera 16,5 hectares. Deux lignes aériennes à 400 000 volts le relieront sur 10,5 kilomètres au poste de Flandre Maritime, à Saint-Georges-sur-l’Aa. RTE évalue le projet complet à 340 millions d’euros et annonce de premières capacités disponibles en 2029.
Le réseau qui alimente la zone dunkerquoise depuis Grande-Synthe fournit aujourd’hui environ 600 MW, mais ne peut plus accueillir de nouveau projet important. Dans le même temps, la décarbonation des industries existantes et les nouvelles implantations font bondir les besoins.
La course aux usines engagée dans le Dunkerquois dépend ainsi d’un équipement moins visible qu’une gigafactory: la puissance électrique que le territoire pourra effectivement leur livrer.
Les demandes déjà couvertes par une proposition de raccordement signée représentent 1 615 MW. En ajoutant les études exploratoires et les autres projets recensés, RTE évalue les besoins actuels à 3 300 MW. Puythouck et les renforcements associés doivent pourtant ouvrir 5 200 MW de capacité de raccordement.
RTE estime que la consommation supplémentaire du bassin pourrait atteindre 4 500 MW en 2040, tandis que le port a préparé 200 hectares pour accueillir de nouvelles industries. Surtout, un poste à très haute tension et ses lignes demandent plusieurs années d’études, d’autorisations et de travaux. Attendre la signature de chaque usine reviendrait à lui annoncer ensuite que son électricité arrivera trop tard.
La Commission de régulation de l’énergie a demandé l’étude de solutions plus petites. Elle les a écartées: leur économie était faible et elles auraient limité les raccordements suivants. Une seule liaison aérienne ne répondait pas non plus aux règles de sûreté du réseau. Quant à l’enfouissement des lignes à 400 000 volts, il a été abandonné en raison de ses contraintes techniques, de son coût et de ses délais.
Le choix retenu fera apparaître de nouveaux pylônes entre Grande-Synthe, Mardyck, Loon-Plage, Craywick et Saint-Georges-sur-l’Aa. Il s’accompagne toutefois de quatre kilomètres de nouvelles liaisons souterraines à plus basse tension et du démontage d’anciens ouvrages. RTE annonce, une fois l’ensemble terminé, douze kilomètres de lignes aériennes et 33 pylônes de moins dans le paysage dunkerquois.
Sur les 340 millions d’euros du projet complet, 312 millions relèvent du périmètre mutualisé défini par la CRE. Les industriels contribueront selon la puissance demandée; une autre part sera répartie entre les usagers par le tarif d’utilisation du réseau.
RTE annonce de premières capacités disponibles en 2029. La CRE prévoit que le poste et tous les renforcements associés soient en service au plus tard le 30 juin 2031. À Grande-Synthe, Puythouck n’est donc pas construit pour une implantation particulière, mais pour les industries qui pourront encore s’installer dans le Dunkerquois.
Sources consultées
- RTEDéveloppement du réseau électrique pour la décarbonation et l’attractivité du Dunkerquois
- RTEPose de la première pierre du poste de Puythouck et de deux lignes 400 000 volts
- Commission de régulation de l’énergieDélibération n° 2026-21 sur la zone de mutualisation de Dunkerque
- Commission de régulation de l’énergieDélibération n° 2026-104 sur l’évolution du TURPE 7 HTB