
Le chantier des futurs EPR2 de Gravelines peut désormais commencer à transformer le site. Le décret publié samedi 22 août autorise EDF à viabiliser les terrains, déplacer le terminal ferroviaire de la centrale actuelle, créer les accès et un parking à Craywick et Bourbourg, terrasser, renforcer les sols et engager de premiers travaux de génie civil. Le calendrier officiel envisage leur démarrage au dernier quadrimestre 2026. EDF devra prévenir l’administration cinq jours avant le début effectif des opérations.
Le mot « préparatoires » cache donc un chantier déjà considérable. Le décret prévoit une enceinte étanche sous l’emprise du futur bloc usine, sept centrales à béton et des ateliers pour les engins et les armatures métalliques. Dans l’avant-port ouest de Dunkerque, EDF pourra aussi créer l’embouchure du futur canal d’amenée, fermer une darse, aménager des émissaires de rejet et draguer environ 60 000 m³ de sédiments.
Cette avance est permise par la loi nucléaire de 2023. Une fois l’autorisation environnementale obtenue, EDF peut engager, à ses frais et à ses risques, les opérations liées aux futurs réacteurs. Les fondations puis la construction des bâtiments destinés à recevoir le combustible nucléaire ou à abriter des matériels de sauvegarde doivent en revanche attendre l’autorisation de création nucléaire. Le décret environnemental ouvre donc une large partie du chantier sans préjuger de cette autorisation ni de la décision finale d’investissement d’EDF.
Le projet doit ajouter deux réacteurs de 1 670 MW chacun aux six unités actuelles de Gravelines. Le chantier s’étendra sur environ 200 hectares et doit durer 12 à 15 ans, travaux préparatoires compris. Le coût actualisé de la seule paire de Gravelines n’est pas publié. EDF chiffre à 72,8 milliards d’euros 2020 l’ensemble du programme de six EPR2 prévu à Penly, Gravelines et Bugey, avec une décision finale d’investissement visée fin 2026.
Le décret montre aussi combien cette implantation dépend du sol et de l’eau du Dunkerquois. Les terrassements et travaux de génie civil pourront nécessiter jusqu’à 2 millions de m³ de prélèvements annuels dans la nappe. Environ 9 hectares de zones humides seront détruits. Malgré les mesures d’évitement et de réduction, 61 espèces protégées restent concernées ; treize mesures compensatoires sont prévues sur 102,4 hectares. EDF a notamment renoncé à aménager une zone de 17 hectares initialement destinée à de la logistique de chantier.
Pendant que les formations dunkerquoises se préparent déjà aux métiers des EPR2, le décret du 20 août autorise désormais les premiers travaux : à Gravelines et Loon-Plage, terrassements et béton ; à Craywick et Bourbourg, un parking ; dans l’avant-port de Dunkerque, des dragages et des ouvrages maritimes.
Sources consultées
- LégifranceDécret n° 2026-807 du 20 août 2026 portant autorisation environnementale relative à la réalisation de travaux nécessaires à l'implantation d'une paire d'unités de production nucléaire de type EPR2
- LégifranceArticle 11 de la loi n° 2023-491 du 22 juin 2023
- Préfecture de la région Hauts-de-FranceProjet EPR2 à Gravelines
- EDFEDF présente son devis prévisionnel du programme EPR2 à hauteur de 72,8 Md€