À Petite-Forêt, la RD 70 se reconnaît vite: l’A23 d’un côté, la zone commerciale de l’autre, des ronds-points, des feux, des enseignes, des voitures qui entrent, sortent, hésitent parfois. Ce n’est pas une route qu’on regarde longtemps. C’est une route qu’on emprunte.
Le Département du Nord présente désormais cette section comme un “boulevard urbain” plus pratique pour contourner Valenciennes par le nord. Le tronçon concerné, entre l’A23 et la RD 169, a été doublé et réaménagé sur 1,8 km, à cheval sur Petite-Forêt et Raismes. Les travaux avaient commencé en 2020. Ils complètent le contournement nord de Valenciennes, ouvert en totalité fin 2025.
Pour les automobilistes, la promesse est simple: un accès plus clair entre l’autoroute, la zone commerciale, les parcs d’activités et le nord de l’agglomération. Ce secteur n’est pas seulement un passage vers ailleurs. Valenciennes Métropole y recense plus de 150 entreprises et environ 4 000 emplois. Quand les accès sont confus, ce sont les salariés, les clients, les livreurs et les riverains qui perdent du temps.
L’intérêt du chantier se joue donc dans des détails très concrets. La RD 70 réaménagée ne se contente pas d’ajouter des voies. Elle intègre aussi des trottoirs, des pistes cyclables, des passages sécurisés, des arrêts de bus mieux placés, des feux tricolores, un éclairage LED, des bassins pour les eaux pluviales et 320 mètres d’écrans antibruit.
C’est cela qui donnera, ou non, du sens au mot “boulevard”. Un boulevard urbain n’est pas seulement une route plus large avec un nom plus aimable. Il doit permettre de circuler sans transformer ses abords en simple bordure de chaussée. Ici, la difficulté est limpide: faire passer beaucoup de voitures, tout en rendant les traversées, les arrêts de bus, les accès aux commerces et les cheminements à pied ou à vélo moins pénibles.
Ce point n’est pas nouveau. Dès 2018, l’Autorité environnementale rappelait que le doublement de la RD 70 devait être lu avec l’échangeur de l’A23, le contournement nord et l’évolution de la zone commerciale. Autrement dit: ces 1,8 km ne se résument pas à un élargissement de chaussée. Ils montrent comment le Valenciennois aménage ses bords de ville: des endroits où l’on roule, travaille, achète, traverse et rentre chez soi.
Le vrai test sera modeste. Est-ce qu’on rejoint plus facilement le contournement? Est-ce qu’on entre dans la zone commerciale sans bloquer le carrefour suivant? Est-ce qu’un piéton ou un cycliste comprend où passer? Est-ce qu’un bus peut s’arrêter sans donner l’impression de gêner tout le monde?
Si ces gestes deviennent plus simples, la RD 70 aura gagné plus qu’une voie. Elle aura gagné ce que beaucoup de routes périurbaines cherchent encore: un peu d’ordre, un peu d’usage, et quelques jurons de moins au rond-point.