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Dans la MEL, les vieux ballons ont une autre sortie que la benne

La MEL collecte les équipements de sport et de loisirs en déchèteries et dans trois sites sportifs, avec des consignes à vérifier.

Illustration - Matériel sportif collecté en déchèterie

La scène est banale : un ballon mou au fond du garage, des rollers trop petits, une raquette sans cordage, un tapis de fitness qui a beaucoup moins servi que prévu. Ces objets encombrent vite. Ils sont parfois trop usés pour être donnés, parfois trop bons pour finir dans la benne.

Dans la Métropole européenne de Lille, ils ont désormais une filière plus claire. Les treize déchèteries fixes de la MEL acceptent les articles de sport et de loisirs dans des contenants dédiés. Trois équipements sportifs métropolitains participent aussi à la collecte : la piscine des Weppes, la patinoire Serge-Charles et le Stadium Lille Métropole.

Les objets concernés couvrent une bonne partie du placard sportif familial : vélos, trottinettes non motorisées, skates, rollers, protections, palmes, tubas, combinaisons, raquettes, ballons, skis, luges, chaussures de montagne, matériel de fitness, tentes, cannes à pêche ou boules de pétanque. En déchèterie, certaines chaussures spécialisées sont également reprises, comme les chaussures de football ou de rugby, les chaussons d’escalade ou de danse, les kimonos et les combinaisons de plongée.

La nuance utile tient au lieu de dépôt. Dans les trois équipements sportifs, la MEL précise que les textiles et les chaussures ne sont pas acceptés. Mieux vaut donc éviter le grand sac fourre-tout où se mélangent crampons, vieux maillots et casque de vélo. Pour ce type de collecte, le bon geste commence souvent avant le trajet : séparer un peu, vérifier où l’on va, ne pas tout confier au même bac.

Après la collecte, tous les objets ne suivent pas la même route. La MEL indique que la filière passe par Ecologic, l’éco-organisme agréé pour les articles de sport et de loisirs. Ce qui peut encore servir peut être orienté vers des associations ou des recycleries. Ce qui ne le peut pas part vers le recyclage, la récupération de matières premières ou, en dernier recours, la valorisation énergétique.

Cette distinction compte : un vieux ballon crevé ne redeviendra pas forcément ballon. La collecte n’est pas une baguette magique du réemploi. Elle sert plutôt à donner une meilleure chance aux objets encore utilisables, et une meilleure fin à ceux qui ne le sont plus.

Le sujet dépasse le rangement de printemps. Depuis 2022, les articles de sport et de loisirs disposent en France d’une filière dédiée. L’ADEME indique qu’en 2024, 115 000 tonnes de ces produits ont été mises sur le marché, 15 000 tonnes collectées et 3 700 tonnes réemployées. À l’échelle d’un foyer, cela ressemble à quelques affaires sorties du garage. À l’échelle du pays, c’est déjà un flux à trier.

Pour les familles, l’enjeu est aussi économique. Un vélo d’enfant, des chaussures à crampons, une raquette ou une combinaison peuvent vite transformer une inscription sportive en vraie dépense. Si une partie du matériel collecté retrouve un usage local, même modestement, cela peut alléger l’entrée dans certaines pratiques.

Le geste reste simple : pas besoin d’aimer les grands discours sur l’économie circulaire pour y participer. Il suffit parfois de retrouver les rollers trop petits, le tapis de fitness oublié, et de les déposer au bon endroit.