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Arc France : la liquidation de l’ancienne société, après la reprise du site

Après la reprise partielle validée en mars, l’annonce Bodacc du 15 mai acte la liquidation judiciaire de l’ancienne société Arc France.

Illustration d’une verrerie à Arques

À Arques, le nom Arc France ne se range pas dans une colonne du registre du commerce. Il parle d’usines, d’équipes, de familles, de sous-traitants, et d’une ville où le verre a longtemps fait partie du paysage.

L’annonce publiée au Bodacc le 15 mai tient pourtant en langage sec: le tribunal de commerce de Lille-Métropole a prononcé, le 5 mai, la conversion d’Arc France en liquidation judiciaire. Deux liquidateurs sont désignés. La mission des administrateurs judiciaires prend fin.

La précision compte. Cette liquidation ne signifie pas, à elle seule, que le site d’Arques s’arrête. Le 20 mars, le tribunal avait validé un plan de cession au profit de Timothée Durand, membre de la famille historiquement liée au groupe. Cette reprise devait préserver plus de 2 700 emplois, tout en laissant plus de 700 postes hors du périmètre repris.

L’annonce du 15 mai concerne donc surtout l’ancienne société Arc France: celle qui portait les dettes, la procédure, les actifs non repris et les comptes à solder. L’activité transférée poursuit son propre chemin. Le point central est simple: on peut avoir une entreprise mise en liquidation et, en même temps, une partie de son outil industriel reprise par une autre structure. Le mot frappe, mais il ne raconte pas toute la situation.

Reste que, dans l’Audomarois, ce n’est pas une ligne neutre. Arc a longtemps été plus qu’un employeur: un repère économique, une fierté locale, parfois aussi une inquiétude récurrente. Les difficultés récentes de l’entreprise tenaient à un mélange connu mais brutal: demande plus faible dans les arts de la table, coût de production élevé, dette, concurrence internationale. Les données financières disponibles pour 2024 montraient déjà une société sous pression, avec un chiffre d’affaires d’environ 404 millions d’euros et une perte nette supérieure à 32 millions.

Le jugement du 5 mai ferme donc un chapitre juridique, pas le dossier industriel. La suite se jouera dans des choses plus concrètes que les annonces: les postes réellement maintenus, les salariés non repris, les fournisseurs payés ou non, la capacité du nouveau périmètre à tenir, produire et vendre.

À Arques, le verre reste présent dans la vie locale. Mais il ne suffit plus qu’un nom reste sur une façade pour que tout soit réglé. Après le tribunal, il faudra surtout voir ce qui tient dans les ateliers.