Au 50 boulevard de Strasbourg, à Lille-Moulins, l’ancienne école Saint-Exupéry ne sert plus seulement à apprendre. Depuis 2021, la Ville de Lille met une partie du bâtiment à disposition pour l’hébergement de familles sans logement. Le premier étage, géré par La Sauvegarde du Nord, accueillait 10 familles, soit 47 personnes, selon la Ville.
Le marché publié par la mairie concerne maintenant le deuxième étage. L’objectif est simple: le réhabiliter pour augmenter les capacités d’accueil du centre d’hébergement d’urgence. Les travaux doivent durer sept mois, dont un mois de préparation.
Le dossier ne donne pas, à ce stade, le nombre exact de places supplémentaires attendues. Il précise en revanche la nature du chantier: désamiantage, reprise du bâti, menuiseries extérieures, chauffage, ventilation, plomberie et électricité. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un simple rafraîchissement, mais d’une remise en état permettant d’utiliser durablement un étage de plus.
À l’échelle d’une ville, ce type d’opération reste discret. Il ne crée pas un nouvel équipement visible de loin. Il récupère de la capacité là où elle existe déjà: dans un bâtiment municipal, dans un quartier habité, avec des pièces à adapter et des normes à respecter. C’est une manière très concrète de répondre à l’urgence, par morceaux utilisables plutôt que par annonces générales.
La tension locale explique l’enjeu. Dans le Nord, le parc d’hébergement d’urgence dépassait 7 200 places en moyenne en 2025. Cela n’a pas suffi à absorber la demande auprès du 115. Les données présentées au comité régional de l’habitat et de l’hébergement indiquaient 7 % de réponses positives dans le département. À cette échelle, l’enjeu est plus précis: combien de places réelles peuvent être ouvertes, dans quels délais et avec quel accompagnement.
À Saint-Exupéry, le site n’est pas seulement présenté comme un toit. La Ville évoque un accompagnement social, de l’aide aux démarches administratives, du soutien scolaire pour les enfants et un travail autour de la vie collective. La Préfecture du Nord doit financer l’accompagnement des futurs résidents, tandis que la Ville prend en charge les aménagements du bâtiment.
Le point à suivre sera donc précis: combien de familles pourront être accueillies une fois le deuxième étage livré. Pour l’instant, la réponse tient à un ancien bâtiment scolaire, à sept mois de travaux annoncés et à un étage que Lille veut rendre habitable.